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La pensée critique et les ressources humaines : comment prendre de meilleures décisions

par La rédaction
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Le « rapport sur l’avenir de l’emploi » publié en 2018 par le forum économique mondial classe la pensée critique en deuxième position dans la liste des compétences les plus importantes attendues en entreprise en 2021. Pour mieux comprendre l’impact positif de la pensée critique dans les ressources humaines nous avons interrogé François Cornillier, responsable grands comptes en solutions d’évaluation RH chez Pearson TalentLens France.

Qu’est-ce la pensée critique et quel est le rapport avec le monde du travail ? 

La pensée critique se définit comme la capacité que nous avons à évaluer objectivement des informations et des arguments, à faire preuve d’esprit critique et prendre des décisions logiques et rationnelles. Dans cette définition s’imbriquent l’analyse de critères, donc la pensée logique et la capacité de penser de manière créative. En somme, la pensée critique présuppose des attitudes intellectuelles complexes et reliées.

Prendre de bonnes décisions implique de se centrer sur les informations les plus pertinentes, de poser les bonnes questions et de faire la distinction entre des faits avérés et des hypothèses erronées dans le but de prendre une décision logique. Les capacités d’attention, de raisonnement, de recherche et d’analyse des informations pertinentes, d’objectivité, de prises de recul et de décision sont le soubassement de tous les apprentissages. De nombreuses études montrent que la pensée critique, qui est l’ensemble de ces capacités cognitives et de ces attitudes, est une compétence clé pour les métiers de demain.

Quels impacts peut avoir le développement de la pensée critique au sein des entreprises ?

La pensée critique est une compétence émergente qui devient clé aujourd’hui du fait de l’impact des nouvelles technologies sur les compétences et des sommes d’informations en continu auxquelles nous sommes exposés. Notre nouvel environnement de travail nous challenge de plus en plus et nous devons être en mesure de savoir si les décisions que prendront les managers ou certains salariés n’auront pas de graves conséquences organisationnelles, financières ou humaines. C’est donc tous les salariés qui sont invités à notre époque à faire preuve de pensée et d’esprit critique pour plus d’implication et de motivation. Dès lors qu’un collaborateur se sent autorisé à exprimer le fond de sa pensée, cela peut inciter à davantage d’implication et favorise donc la motivation et l’engagement.

Dans le podcast “Chroniques de confinement“, vous parlez d’”épidémies de crédulité sur le web”, comment éviter d’en polluer le cadre professionnel, cela tout en alimentant un dialogue sain sur la crise coronavirus qui nous préoccupe tous ?

Oui, je reprends l’expression du sociologue Gérald Bronner qui estimait que l’esprit critique devrait être enseigné à l’école et à l’université, notamment pour empêcher « les épidémies de crédulité sur le Web ». J’aime bien cette expression, car elle joue avec la notion d’épidémie et de crédulité, qui sont deux faits essentiels de notre actualité. En entreprise, adoptons aussi des gestes barrière vis-à-vis des fake news en transmettant des messages clairs comme nous avons pu le faire au travers de nos 4 épisodes de podcast. Il faut aussi apporter des réponses concrètes en mettant en place des temps de parole qui permettent d’entendre d’autres points de vue et la façon de gérer ces informations.

Quels comportements adopter vis-à-vis des divers canaux de prise d’informations ? Comment évaluer la crédibilité des informations ? 

Aujourd’hui, le monde du travail est caractérisé par une surabondance d’informations échangées de plus en plus rapidement. Votre capacité à les évaluer et à prendre des décisions judicieuses détermine en partie votre réussite. Voici quelques conseils pratiques :

  1. Identifiez quelle est la source de l’information : s’agit-il d’une recherche scientifique ? Est-elle subventionnée et si oui par qui ? Quels intérêts ont la ou les personnes qui présentent cette thèse ?
  2. Remettez en question les informations que vous exploitez : parlent-elles de faits ou d’opinions ? Quelle pourrait être une autre interprétation de ces hypothèses ? Reconnaître des hypothèses permet de déceler un manque d’informations et d’élargir les perspectives sur une question ou un problème donné.
  3. Évaluez les arguments et leur poids, évaluez les informations de façon objective et précise au travers d’une approche analytique et trouvez le sens de ces informations en faisant de bonnes interprétations.
  4. Évitez de tirer une conclusion générale hâtive sur la base de preuves limitées ou insuffisantes. Pesez le pour et le contre pour tirer des conclusions logiques, objectives et pertinentes en fonction des éléments que vous aurez évalués.

En effet, les compétences clés telles que la prise de décisions, la résolution de problèmes, la planification et la pensée stratégique exigent une pensée critique affûtée. Prenons le cas d’une prise de poste, vous allez échanger avec différentes personnes. Certains vont vous dire des choses de manière très directe, d’autres vont vous parler à mots couverts de façon plus implicite. La pensée critique est cette capacité à critiquer dans le bon sens du terme toutes les informations que vous récupérez et de pouvoir les passer “à la moulinette”. C’est grâce à tout ce travail que vous allez pouvoir prendre une décision et que vous allez pouvoir donner la direction à prendre.

Qu’apporte l’outil Watson-Glaser™ III au cœur d’une crise sanitaire et économique comme celle du coronavirus ? 

Le Watson-Glaser™ III permet de mieux comprendre les forces et les faiblesses d’une personne et de mieux déterminer des activités et des objectifs de développement appropriés. C’est un test de puissance, c’est-à-dire qu’il mesure la qualité et la profondeur de la pensée critique, plutôt que la vitesse à laquelle une personne y répond. L’outil peut être utilisé dans le cadre de processus de ressources humaines de sélection (pour évaluer la pensée critique dans le recrutement ou la mobilité interne par exemple), mais aussi dans le cadre de démarches de développement des personnes et des compétences.

Le Watson-Glaser III génère deux rapports de résultats. Un premier qui annonce le score obtenu aux différentes questions qu’on va poser donc un score global sur la pensée critique à destination des ressources humaines. Un deuxième, appelé rapport de développement, est spécifiquement conçu pour améliorer ses compétences et prendre conscience de ses biais, car l’esprit critique se développe également par l’attention et la pratique au quotidien de nos aptitudes.  Dans ce second rapport, le score global est constitué de trois dimensions (la reconnaissance d’hypothèses, l’évaluation d’arguments et la prise de décision) qui évaluent la pensée critique. L’outil aide à mieux comprendre les dimensions sous-jacentes à la pensée critique et aide le collaborateur à mettre le doigt sur le mécanisme sur lequel il peut travailler suite à une prise de conscience.

Dans le contexte actuel du Covid-19, nos émotions et nos réactions prennent parfois le dessus sur notre rationalité et notre objectivité. Le Watson-Glaser III répond justement à cet excès d’immédiateté et de course quotidienne à l’information en valorisant le temps de l’analyse et le poids du rationnel. Faire preuve d’esprit critique et mettre en œuvre sa pensée critique peut permettre de prendre du recul sur ce qui se passe, se distancier de ce qui est dit pour revenir à soi. Cela implique également la capacité à s’isoler pour trouver la sécurité et la sérénité indispensables à de meilleures réactions immunitaires.

 
Pour aller plus loin sur la thématique de la pensée critique, nous vous invitons à notre webinaire qui aura lieu le 18/06 prochain à 10H30.

Mai TREBUIL

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