Tom Petty, Jean Rochefort, Pierre Bergé… et bien d’autres nous ont quittés cette année. Parfois, ils étaient arrivés à un âge certain… alors que d’autres nous prennent par surprise. Et c’est là que tout le monde, les médias en premier, ne tarissent pas de mots et d’éloges pour parler de la grandeur et de l’importance qu’ont eu ces personnalités au cours de leur vie, du bien qu’elles ont fait, de la joie qu’elles ont générée etc. Ces disparitions, mais plus encore, les réactions qui font suite à leur départ nous interpellent et nous rappellent le vide pouvant être ressenti en entreprise après le départ d’un collègue talentueux…
 
Tom Petty : l’archétype du salarié parfait
Tom Petty est l’exemple même d’une personne dont on observe les qualités dans le rétroviseur, sa mort mettant en lumière le « chouette type » qu’il était. Chic type, certes, mais souvent pris pour argent comptant. Toujours excellent, il n’a jamais connu de période noire comme beaucoup d’autres artistes ; il n’a jamais fait l’objet de scandales et n’a jamais fait d’histoires ; fidèle, il est resté dans le même groupe pendant 40 ans ; il a surmonté des épreuves difficiles avec dignité, se relevant d’épreuves insoutenables comme les coups infligés par son propre père, accro à l’héroïne. Et il était sympathique.
Il y a deux sortes de Tom Petty en entreprise : ceux que l’on apprécie vraiment et ceux qui fournissent un travail soutenu constant. Ce sont ceux-là même qui nous intéressent ici. Reprenez la liste des attributs liés à Tom Petty : combien d’entre eux êtes-vous capables de réutiliser pour parler des salariés de votre entreprise qui fournissent un effort régulier et un travail cohérent ? La réponse est : tous. Chic type, pas de période noire, pas d’histoires, fidèle, capable de surmonter les épreuves avec dignité, sympathique.
Le problème est le suivant : tant que Tom Petty reste en entreprise, tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Lorsqu’il part, c’est une autre histoire…
 
Il est parti : c’est trop tard !
Lorsque les talents nous quittent, même s’ils savent le faire avec douceur, tact et empathie, ils nous laissent en état de choc, non préparés et incrédules. Au travail, nous nous concentrons davantage sur les problèmes au quotidien et finissons par oublier la grandeur et l’excellence de nombreuses personnes qui œuvrent dans l’ombre. Nous passons du temps à former ceux qui sont moins performants en négligeant de donner un peu d’affection – car c’est bien d’affection dont il s’agit – aux plus grands, silencieux et cohérents. Nous supposons ces êtres brillants heureux, puisqu’ils ne se plaignent pas.
Et lorsqu’ils s’en vont, nous n’avons que nos yeux pour contempler le vide qu’ils laissent après leur départ.
 
Peut-être est-il temps de mener une réflexion sur la base d’une citation de Paulo Coelho dans L’Alchimiste : « Toute bénédiction ignorée devient une malédiction ». N’ignorez pas les grands talents sur le lieu de travail. Chargés de bonnes intentions, ce n’est que lorsqu’ils sont partis que vous pourrez regarder en arrière autant que vous le voulez pour finalement réaliser que vous les avez pris pour argent comptant.
Prenez le temps de repérer les artistes dans votre entreprise, les Tom Petty d’aujourd’hui et de demain. Ce sont avec eux que vous devez composer, pour l’avenir de votre entreprise.
 
Marilyn GUILLAUME