Lexique iconoclaste de la formation : le Formal Learning

par La rédaction

Les apprentissages formels sont entrés dans la littérature avec Malcom Knowles en 1970 et son livre sur les apprentissages informels. Ils ont retrouvé une actualité au début des années 2000.

 
De quoi s’agit-il ? Il existe plusieurs formes d’apprentissage : l’apprentissage formel, informel et non formel. L’apprentissage formel est structuré autour d’objectifs pédagogiques préétablis. Il est intentionnel, l’apprenant veut explicitement acquérir des compétences. La formation initiale en est un bon exemple. L’apprentissage informel n’est pas organisés, n’a pas d’objectifs pédagogiques prédéterminés et n’est pas intentionnel. Cet apprentissage fait référence à l’apprentissage par expérience où le fait que faire apprend, sans bien toujours savoir quoi. On parle souvent d’apprentissage incident, apprendre par accident. Enfin, l’apprentissage non formel, il s’agit de tout ce qui permet d’apprendre en vue d’un objectif pédagogique sans structure particulière : l’usage d’Internet, le micro learning, le clavardage intentionnel,…
 
D’où vient cette actualité des différents apprentissages ? Sans remonter à l’origine, l’Union européenne, et la Stratégie de Lisbonne (2000), a été un sacré accélérateur pour ces définitions. Et pour cause, il s’agissait de proposer une réponse politique à une enquête de l’OCDE qui estimait que la qualification classique de la population européenne n’était pas assez élevée (la France étant dans la moyenne européenne). Eurostat, en septembre 2005, enfonce le clou avec une enquête sur les 25-65 ans sur une année : les apprentissages formels représentaient 2 % de l’ensemble des apprentissages, les apprentissages non formels 17 % et les apprentissages informels 56 % (les 25 % restants étant des formes hybrides). Avec les apprentissages informels l’Europe pouvait devenir leader dans l’économie du savoir et de la connaissance.
 
Que penser de ces nouvelles formes d’apprentissage ?
 
La première réaction est qu’il est toujours délicat de changer de système d’évaluation car on perd l’historique. Si un malade a trop de fièvre, il est étrange de contester le thermomètre plutôt de proposer une solution au mal. Si tout devient apprenant, a-t-on besoin de structurer la formation ? Ou ne serait-ce pas une stratégie d’évitement ? Si l’on veut changer quelque chose sans s’en donner les moyens, le changement de thermomètre est efficace. La seconde remarque est que l’apprentissage informel et non formel trouve un écho avec la granularisation des savoirs, les entreprises développent de plus en plus des bases de données pléthoriques pour favoriser les vagabondages formatifs. Mais reste encore le fait de donner l’envie de l’errance…
 
Une dernière remarque portera sur l’évaluation des apprentissages. Comment évaluer formellement l’informel ? C’est toute la problématique de la Validation des Acquis d’Expériences (VAE) et de son harmonisation européenne. On est toujours sur un problème de thermomètre… et la France fait de la résistance. Pourquoi ? Car en France les diplômes ont une autre dimension, ils sont le fruit de luttes sociales et que le fait nier cette dimension est un refus d’une histoire, et que sous couvert de fausse technicité, « c’est juste un indicateur », il y a un véritable choix stratégique : le diplôme doit-il être un simple indicateur, du style cv in live, comme un portfolio, ou doit-il être une épreuve initiatique ? Il est bon de rappeler que les rites de passages fondent une identité et/ou une stratégie, dans un monde en quête de sens, pas si simple…
 
La mixité des apprentissages est intéressante car elle réinterroge la formation par médiation. Mais il ne s’agit pas tant de s’interroger sur un constat que de construire une ambition formative, et ainsi renouer avec la formalisation d’une démarche de formation militante. Enfin, formalisation… c’est à voir…

 

Stéphane DIEBOLD
 

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