Les Ressources Humaines ou l’Humanitaire

par La rédaction

La lauréate des Trophées Juni’Or, Sandra Tiogmo, du haut de ses 27 ans, n’est déjà plus l’étudiante qu’elle était lorsqu’elle a déposé son mémoire sur la politique handicap de la SACEM, primé par l’ANDRH. Aujourd’hui chargée d’études RH au sein du Groupe Pomona, elle compte bien y faire ses armes, puis reprendre la lutte contre les injustices en entreprise. Le mot est à peine trop fort pour cette jeune professionnelle passionnée par les RH et surtout, les autres.

 

Mars : un bon mois !

Car le mois de mars 2011 fut plein de bonnes nouvelles et marque un premier tournant dans la jeune carrière de Sandra Tiogmo. Elle ne le dit pas en ces termes, mais on sent un enthousiasme certain dans sa voix lorsqu’elle évoque la remise des prix du 22 mars dernier. « Le Trophée Juni’Or, c’est une super reconnaissance, s’exclame-t-elle, naturelle. J’avais accepté de participer au concours sur une proposition de l’école, mais je n’avais pas imaginé remporter le prix ». Non par manque de confiance en son travail, mais par modestie face aux autres concurrents. « Des professionnels qui ont lu, regardé mon travail, c’était déjà la plus belle des reconnaissances », poursuit-elle.
 
En alternance, elle partage sa vie d’étudiante entre l’IGS, l’Institut de Gestion Sociale, et la SACEM où elle passe un an au service de Gestion du Personnel, puis migre vers le poste de chargée d’études RH. C’est là, depuis ce poste « qui permet de voir tout ce qui se passe dans l’entreprise », dit-elle, qu’elle amorce la rédaction de son mémoire de deuxième année de master. Sandra Tiogmo mène l’enquête, étudie les possibilités d’une politique handicap volontariste et émet des préconisations. « La SACEM avait un potentiel de reconnaissance des personnes en situation de handicap au sein de l’entreprise, mais n’était pas proactive », explique-t-elle. 29 personnes, déjà en poste, étaient en situation de handicap « reconnue médicalement, continue la chargée d’études. Sur 1500, ça peut paraître peu, mais la SACEM ne recrutait pas depuis pas mal d’année et il y avait une volonté de faire un  travail de reconnaissance ». Car ces 29 personnes ne parlaient pas de leur situation, réduites au silence par de mauvaises expériences passées.
 
Pourquoi choisir le handicap comme thématique ? D’abord parce que « la SACEM voulait impulser la démarche », répond-elle, mais aussi parce que la diversité la passionne, l’interroge. « Ce mémoire s’inscrit dans la continuité de celui que j’ai rédigé en master 1, sur l’égalité professionnelle, entre les hommes et les femmes cette fois ». Grâce au Trophée de l’ANDRH, elle finit ainsi ses études « en beauté », s’enthousiasme la lauréate, devenue, à son tour, mentor d’une étudiante en RH.
 
C’est aussi en mars qu’elle a pris son poste à Pomona, toujours en tant que chargée d’études RH. Elle s’occupe de la gestion des données sociales de l’entreprise. « Ce poste me permettra de développer mes compétences sur la partie analyse », espère-t-elle, pour les mettre un jour au service de la diversité.
 

Les RH, c’est l’autre

« Je suis une personne qui aime proposer des choses pour les autres. C’est la raison pour laquelle je me suis engagée dans les RH. » Avant ses études à l’IGS, elle avait déjà le pied dans l’entreprise. « Mon activité tournait autour d’un produit », poursuit-elle. Bien, mais pas assez. Elle s’interroge alors : pourquoi pas une carrière dans l’humanitaire ? En tant qu’assistante sociale ? Mais elle veut rester au sein de l’entreprise « et travailler pour les autres ». C’est là que les RH s’imposent. « On ne fait pas de la gestion des RH sans intérêt pour les autres. Dans RH, il y a humaines. La GPEC, ce n’est pas seulement prévoir des emplois », affirme-t-elle.  
 
D’abord l’égalité Homme/Femme, puis le handicap, « j’ai choisi ces thématiques parce qu’on ne les étudiait pas assez à l’école. Je voulais comprendre ces injustices, pourquoi les entreprises ont du mal à intégrer les personnes handicapées, à respecter l’égalité des sexes ». Le handicap est « encore un tabou, regrette Sandra Tiogmo. Les locaux ne sont souvent pas adaptés, c’est un problème majeur ». Au sein de Pomona, elle n’en a pas encore eu le temps car ce n’est pas sa mission première, mais elle a l’intention de se pencher sur ces sujets.
 

La diversité : une épée de Damoclès

Et puis, à moyen ou long terme, elle espère trouver un poste dans la gestion de la diversité. Confiante en l’avenir de la diversité en entreprise, pour elle, ce n’est pas seulement un « effet de mode », mais une problématique ancrée dans la réalité, « comme une épée de Damoclès parfois ». Elle explique : « Pour le handicap, une contribution financière est reversée à l’entreprise. En ce qui concerne l’égalité homme/femme, le législateur impose des pénalités ».
 
Contraintes ou de façon spontanées, « les entreprises prennent conscience que la diversité est un échange de bons procédés. On permet l’égalité sociale et, derrière, il y a des répercussions économiques ». Mais pour l’instant, la météo de la diversité qu’elle décrit n’est pas encore au beau fixe. Au niveau du handicap, « ce n’est pas encore ça ». Elle se remémore ses recherches de l’année dernière : « Le taux d’emploi des personnes handicapées pour une entreprise de plus de 20 salariés doit être de 6%, si je me souviens bien. En France, on n’attend que les 2,9% ». Et d’énumérer « la fracture » entre les hommes et les femmes, celle des séniors et des jeunes, les différences ethniques « sur lesquelles on n’a pas le droit de mettre le doigt », lance Sandra Tiogmo. Elle n’est pas la seule à avoir été distinguée par l’ANDRH pour un sujet ou un projet autour du handicap… preuve que les choses changent.
 

 Typhanie BOUJU

 

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