Le portage salarial

Le portage salarial, apparu en France dans les Années 80, est longtemps resté confidentiel, et a connu une croissance importante depuis les années 2000. Le Code du travail le définit comme étant “un ensemble de relations contractuelles organisées entre une entreprise de portage, une personne portée et des entreprises clientes comportant pour la personne portée le régime du salariat et la rémunération de sa prestation chez le client par l’entreprise de portage”.
My RH Line a rencontré, Samuel Bansard, responsable qualité chez ABC Portage afin de comprendre les mécanismes du portage salarial.

 

MyRHline : Présentez-nous le portage salarial.

Samuel Bansard : On peut résumer le portage salarial comme le fait de transformer des honoraires en salaire.
Cela s’adresse à toute personne ayant besoin de facturer une mission ou des honoraires. Les cibles sont différentes, cela peut aller du jeune diplômé qui voit dans le portage un moyen d’enrichir son CV en ayant des missions ponctuelles, au consultant indépendant (c’est la population que nous avons le plus souvent) qui veut se décharger de tous les aspects administratifs, avoir un statut salarié et un accompagnement dans le développement de son activité. Nous travaillons aussi avec des seniors qui veulent profiter du cumul emploi-retraite ou des demandeurs d’emploi qui ont la possibilité d’exercer des missions de courte durée. Il nous arrive aussi quelquefois de travailler avec des créateurs d’entreprise qui viennent pour tester leur projet sur une année ou deux et voir s’il est viable en étant salarié au sein de notre société  et qui ensuite passent à la création de leur structure.

« Se décharger de tous les aspects administratifs »

M.R.L. : Quels sont les avantages par rapport à la création d’une EURL ou d’une entreprise individuelle ?

S.B. : Cela se situe surtout sur l’aspect administratif, c’est la société de portage qui gère tout. Il y a donc une charge de travail en moins. Les professionnels bénéficient aussi d’une couverture sociale, puisqu’ils sont salariés au sein de la société. Ils peuvent donc cotiser pour les Assédic, la retraite. Le dernier point se situe au niveau de l’accompagnement. Dans certaines sociétés, comme la notre, ABC portage, un chargé de compte est affecté à chaque consultant pour son activité quotidienne et nous pouvonsfournir aux consultants une aide juridique pour la négociation de contrat par exemple, une aide marketing pour savoir comment se positionner par rapport à leur marché. Nous leur proposons également des formations pour développer leurs compétences.

M.R.L. : Quel est le statut juridique d’un consultant qui utilise le portage salarial ?

S.B. : Le consultant et la société de portage sont liés par un contrat de travail classique, régit par le Code du travail. Il y a des négociations en cours entre le syndicat du travail temporaire, le Prisme et les syndicats de salariés, sachant qu’à côté de cela des organisations représentatives des sociétés de portage, comme le Sneps et la Fenps sont également consultés. Ces négociations sont en cours depuis la loi de modernisation du marché du travail et cela devrait aboutir d’ici 2010 sur un accord interprofessionnel pour, peut-être, définir un contrat spécifique au portage salarial.
Les négociations ont pour but d’organiser le secteur pour avoir un contrat propre qui s’adapte aux contraintes des sociétés de portage et aux contraintes du consultant qui a plusieurs clients et différentes missions dans l’année.
Pour l’instant, c’est encore le droit du travail classique qui s’applique avec un contrat de travail en CDD ou CDI.

« Vers un contrat spécifique au portage salarial. »

 

M.R.L. : Quel est le coût du portage salarial ?

S.B. : Les sociétés de portage facturent un pourcentage du Chiffre d’affaire HT, ce qu’on appelle les frais de gestion. Chez nous, le tarif de base est à 10% et est dégressif suivant le montant de facturation, la récurrence des missions et l’ancienneté des missions.

M.R.L. : Pouvez-vous nous présenter votre offre d’accompagnement de consultant?

S.B. : Il s’agit d’un programme spécifique d’accompagnement du consultant, qui va de l’accueil jusqu’à la fidélisation.
L’accueil se fait avec une réunion d’information pour les gens qui ne connaissent pas le fonctionnement suivi d’un entretien individuel avec un chargé de compte de la société.
Lorsque la personne adhère à la société nous intervenons dans la partie négociation de la mission, si besoin. Le consultant est autonome et indépendant dans la façon de développer son activité mais s’il le souhaite, lorsqu’il est en période de négociation, nous pouvons lui fournir des simulations de salaire en fonction des différents montants évoqués lors des négociations, ou intervenir en tant qu’aide juridique pour la relecture des contrats.
Une fois que la mission est démarrée le chargée de compte est le référent du consultant.
Nous gérons le fait de déclarer le consultant, lui faire son contrat de travail, facturer la prestation à son client, payer les différentes charges et lui reverser son salaire.
Nous souhaitons également développer, pour cette fin d’année, un pole de compétences pour que les professionnels puissent entrer en relation et éventuellement travailler ensemble. On leur propose également différentes formations sur le développement commercial, personnel, différents outils que doivent maîtriser les consultants comme le fait de développer son réseau, gérer ses projets. On a tout un panel de formation sur ces thématiques-là.

 

 

Propos recueillis par Anne-Sophie Duguay

 

© Crédits photos : Virginie Castor / Fotolia / D.R.

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