La parentalité au cœur de la stratégie RH de L’Oréal

par La rédaction

A l’origine de la charte de la parentalité en entreprise, L’Oréal a toujours fait de ce thème un axe fort de sa politique RH. Crèches interentreprises, accords de conciliation vie professionnelle/vie privée, télétravail ou mise en place des « mercredis pères et mères »… le groupe a développé des outils spécifiques qui en fait un exemple en France. Les explications d’Emmanuelle Lièvremont, directrice Diversités et Santé au Travail.

 

Quelle est la genèse de la politique de parentalité chez L’Oréal ?

La politique de parentalité chez L’Oréal n’est pas quelque chose de nouveau. C’est un élément inscrit dans l’histoire de l’entreprise. La première mesure remonte d’ailleurs aux années 60 avec la mise en place de quatre semaines de congés de maternité supplémentaires. Les femmes représentent historiquement plus de 60 % des effectifs en France et il est donc tout à fait normal que l’entreprise se soit penchée depuis toujours sur cette question.

 

Au fil du temps, cette prise en compte « naturelle » a été complétée par différents dispositifs et elle a tout naturellement trouvé sa place au sein de la politique de diversité, et plus particulièrement sur le champ de l’égalité professionnelle hommes/femmes. En 2008, L’Oréal signait notamment un accord en France visant à formaliser des engagements nouveaux pour favoriser la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.

 

Vous êtes signataire de la charte de la diversité en entreprise ?

En tant que membre fondateur de l’Observatoire de la parentalité en entreprise, nous sommes, avec l’association SOS Préma, à l’origine de la création de cette charte lancée en France le 11 avril 2008. Il était primordial pour nous que cette question, si elle évolue bien en interne, progresse aussi au-delà de notre groupe. L’initiative témoigne de la volonté de L’Oréal d’encourager un environnement de travail où les salariés-parents peuvent mieux concilier leurs vies professionnelle et familiale.

 

Nous associer avec d’autres entreprises nous permettait de confronter nos bonnes pratiques mais aussi de travailler ensemble sur certains projets – comme pour l’ouverture de crèches interentreprises – et de favoriser les changements de mentalités.

 

Quels outils avez-vous mis en place sur cette question de la parentalité ?

La liste est longue des outils qui contribuent à favoriser la parentalité au sein du groupe L’Oréal. Je citais la création des crèches interentreprises, elles représentent un engagement très fort pour nous : cette année, nous ouvrons notre dixième structure à Aulnay-sous-Bois en région parisienne et travaillons déjà sur d’autres projets concernant la problématique des modes de gardes.

 

Au-delà de cette action, je pourrais citer le fameux « mercredi des pères et des mères » (ancien « mercredi des mères » lancé en 1976 qui permet aux parents de prendre leur mercredi jusqu’au douzième anniversaire de leur enfant, N.D.L.R.), des dispositifs d’adaptation des temps partiels liés à l’organisation familiale, le télétravail (notamment avant la fin du congé de maternité), une politique de maintien de salaire pendant le congé de paternité. Nous garantissons également une progression de la rémunération à l’issue du congé de maternité ou d’adoption et avons étendu les droits relatifs aux événements familiaux pour tenir compte de l’évolution de la société civile (familles recomposées, homoparentales, PACS…).

 

Quel bilan et quelles perspectives ?

L’indicateur principal est celui de l’utilisation de ces dispositifs. Et sur ce point, les résultats sont plus qu’encourageants avec les quatre semaines supplémentaires de congés de maternité prises à 100 %, le congé de paternité largement plus utilisé ou le recours aux congés spéciaux comme les aménagements des horaires le jour de la rentrée des classes qui est devenu une habitude pour beaucoup.

 

Notre ambition aujourd’hui est de faire vivre tous ces dispositifs, de les adapter au fur et à mesure et de les étoffer… Nous travaillons notamment sur de nouvelles offres en matière de modes de garde – avec la création d’un centre de loisirs à partir de quatre ans – et menons une réflexion sur la « parentalité à 360° ». A l’ordre du jour : la question de l’adolescence ou de la prise en charge des ses ascendants. Cette stratégie différenciante et fidélisante continue de faire de L’Oréal une entreprise attentive aux réalités familiales et au bien-être de ses collaborateurs.

 

 

Propos recueillis par Audrey Caudron-Vaillant

 

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