Résultats des Enquêtes Demos sur le DIF auprès des Salariés / Entreprise

par La rédaction
.

Les enquêtes DIF 2010 : Un dispositif connu et reconnu mais encore hésitant dans la mise en pratique.

 
Demos vient de publier les résultats des deux enquêtes menées entre octobre 2009 et mars 2010 sur un panel de 300 entreprises et auprès de 1 800 salariés : Les résultats démontrent de façon significative que l’information, non pas sur ce qu’est le DIF, mais d’avantage sur ce qu’il permet de faire, reste plus que jamais nécessaire.
 
Une connaissance grandissante du DIF

 

On observe à travers ces enquêtes que les salariés sont désormais très au fait de l’existence du DIF : 94% dans le secteur public et 95% dans le  secteur privé connaissent cette pratique, ce qui constitue une nette progression aux vues des résultats des enquêtes précédentes.
La communication se fait aujourd’hui principalement par le service RH-Formation de l’entreprise à plus de 60%, par le bouche-à-oreille puis par le manager qui relaye également les informations. Le message est aussi clair dans le secteur privé que dans le public.
 
Autre aspect positif et en progression, les salariés sont de plus en plus au fait des heures de DIF qu’ils ont à leur disposition et souhaitent en profiter dés qu’ils auront trouvé la formation correspondant à leur besoins.
En revanche, les résultats rendent compte d’une appropriation lente et d’une diffusion progressive du dispositif : 50% des employés, aussi bien du secteur public que du secteur privé ne savent pas comment, ou pour quelle formation, utiliser le DIF alors qu’ils en ont le souhait.
 
Le DIF : Les salariés ont besoin d’un mode d’emploi
 
L’enquête défini clairement que le mode d’emploi du dispositif demeure un obstacle pour un bon nombre de salariés : une constatation qui s’explique entre autre par le fait que le DIF n’est pas encore très mature dans les entreprises elles-mêmes – seulement 30% des sociétés ont une politique DIF structurée – et que les informations sur cette pratique ne sont pas prioritaires.
En effet, l’actualité communiquée aux salariés est souvent individuelle (plus de 60% des salariés du secteur public sont informés par courrier individuel) et très factuelle. Elle n’explique pas comment ceux-ci acquièrent leurs heures de DIF,  ou encore les objectifs qu’elle permet d’atteindre.
Cela explique en partie pourquoi dans 66% des entreprises interrogées, moins de 20% des salariés utilisent leur DIF chaque année.
On constate cependant une volonté progressive des salariés dans l’application de leurs DIF : 59% de ceux du secteur public et 66% de ceux du secteur privé utilisent leur DIF à leur propre initiative.
 

Des domaines de formation variés et au service de l’employabilité

 

On note que prés d’un salarié sur deux souhaite utiliser son DIF pour une formation relevant du développement personnel : Ce chiffre est en nette augmentation par rapport aux années précédentes. Les formations les plus demandées sont le développement personnel, la communication et l’efficacité personnelle à 48% dans le secteur public et à 47,3% pour le secteur privé, puis les formations liées aux langues, au management, à l’informatique et à la bureautique.
On note ainsi que les compétences transverses sont très majoritaires, ce qui fait du DIF un outil de développement de l’employabilité.  A ce titre, le DIF trouve parfaitement sa place comme dispositif d’accès au socle de compétences défini par l’ANI du 7 janvier 2009.
Le DIF pousse visiblement les employés à se former d’avantage « Les salariés se forment plus et le taux d’accès des catégories qui se formaient peu augmente  », précise Jean-Pierre Willems, consultant en droit social et ressources humaines chez Demos.
 

Des formations suivies dans le cadre du temps de travail :
 
Dans un second temps, l’enquête s’intéresse à la mise en pratique du DIF dans le quotidien des salariés : elle révèle que la réalisation des formations dans le temps de travail progresse au fur et à mesure que le DIF se développe. Le hors temps de travail est lui parfois un moyen de régulation du DIF.
Du côté des salariés, le message est clair : la majorité des employés du secteur public et du secteur privé privilégient une formation sur le temps de travail. Mais il arrive également que le DIF soit utilisé en hors temps de travail : dans ce cas la, il repose principalement sur leurs jours de RTT à plus de 40%, en cours du soir ou bien encore avec des formations ayant lieu le week-end. On note que dans le secteur privé, la diversité des situations est plus importante avec l’utilisation de multiples congés (Congés payés, congés parentaux, formation à distance etc.)
 
Le DIF et le budget de l’entreprise :

 

La part du budget formation consacrée au DIF est directement proportionnelle au taux d’utilisateurs, soit 20 %. Si le développement du DIF est souvent lié au financement des OPCA, les auteurs notent que la part des OPCA a vocation à diminuer à mesure que le DIF gagne en maturité.
Parmi les modes de financement envisagés, certaines entreprises couplent DIF et professionnalisation, dès lors que « la formation suivie remplit les conditions pour entrer dans le cadre des périodes de professionnalisation ».
En matière budgétaire, pas moins de 50 % des entreprises du secteur public pensent rencontrer des difficultés pour financer le DIF à l’avenir, contre 39 % des entreprises du secteur privé. Les entreprises doivent donc trouver une solution efficace et durable pour financer le DIF et le développer.
 
A ce jour, le Dif est appelé à progresser dans la majorité des organisations. Il est durablement installé dans le paysage de la formation et constitue le passage progressif d’une politique de formation décidée uniquement par l’entreprise à une politique de formation codécidée.
 
 
Consultez l’intégralité des enquêtes DIF 2010 :
 
 


 

Articles RH relatifs

Laisser un commentaire