Edito du dossier spécial les nouveaux outils de la formation par Stéphane DIEBOLD

par La rédaction

La formation se cherche. Et rien ne dit, d'ailleurs, qu'elle puisse un jour se trouver. Michel Serres a une très belle métaphore. Il compare la formation à une étoile morte, après avoir brillée des feux de son rayonnement social, la formation est morte dans sa forme actuelle. Et ce que l'on voit aujourd'hui, ce sont les reliquats d'un monde qui n'existe déjà plus…

Si le Collège de France, dans sa grande sagesse, nous interroge sur la formation, force est de constater que la recherche n'est pas si aisée et qu'elle doit toucher à des choses fondamentales. Une fois posé ce préambule, une deuxième précaution est nécessaire : si on regarde toutes les prévisions de jadis, et qu'on les compare à leur réalisation actuelle, force de constater que les compétences prédictives de chacun ne sont pas des plus performantes. Il est donc nécessaire de faire attention à ne pas apporter une contribution supplémentaire à l'extravagance rationalisée.

Mais les frontières bougent,  et il est intéressant de réfléchir ensemble pour savoir jusqu'où ce mouvement peut nous conduire. Alors, qu'est-ce qui va changer dans la formation ? Comment peut-on, aujourd'hui, envisager demain ?

 

On peut constater aujourd'hui la montée en puissance d'une tendance structurant qui peut redessiner l'ensemble du monde de la formation : la consumérisation de la formation.

À force de prôner l'individualisation de la formation, il fallait bien que ça arrive et que l'individu se débrouille tout seul pour se former. Certains parlent de solo formation ou d'autoformation, sans rentrer dans les différences, l'individu reprend la main dans sa formation, et ceci a été possible grâce au déploiement de l’IT. Il suffit de « Googler » une question pour avoir la réponse par blog, par Tchat, par YouTube,… La formation devient non seulement multicanale, mais aussi cross-canale.

 

L'apprenant apprendre quand il veut et où il veut.

D'ailleurs, le M Learning, Mobile Learning, renforce encore cette tendance en mettant encore davantage la formation au service de l'apprenant. Il s'agit bien de formation car l'individu va construire son projet avec ses objectifs pédagogiques en temps réel. Les frontières entre la vie privée et la vie professionnelle en matière de formation, comme dans d'autres domaines, sont de plus en plus poreux avec par exemple le « Bring your own device » qui peut être considéré comme un signal faible de cette tendance.

 

Et si l'individu se débrouille tout seul, il deviendra nécessaire de socialiser, en amont et/ou en aval, sa formation de veille avec ce qu’on appelle le social learning afin d'apprendre avec sa tribu apprente. La consumérisation va introduire un nouveau rapport au sachant qu'il sera beaucoup plus éphémère, beaucoup plus mouvant, mais en fait aussi, beaucoup plus efficace dans un environnement qui se cherche.

 

Que dire alors de l'entreprise ? Va-t-elle devenir une observatrice des comportements des apprenants ? Absolument pas, elle restera créatrice de valeur mais avec de nouvelles modalités qui se cristalliseront autour du marketing de la formation.

Si la formation est aussi un média, le responsable de formation va devenir un directeur des programmes en coordonnant des hot spots apprenant, avec la montée en puissance du gaming ou des media learnings. Quant au présentiel, il est loin d’être fini mais il va changer de nature, en devenant un temps pour motiver et créer l’appétence, un événementiel.

 

Pour finir avec cette cartographies prospective, une des clés sera le Learner Relationship Management (LRM), non pas tant sur la seule traçabilité des apprentissages, mais surtout grâce au datamining, l’anticipation des attentes et des besoins de chaque apprenant et ainsi valoriser le capital formation de l’entreprise. Enfin, comme dernière touche à notre esquisse, la formation deviendra un écosystème apprenant qui associe l'open Learning avec l'identification de territoires apprenants afin que les entreprises profitent et suscitent des opportunités formatives.

 

Comme on le voit l'aventure du savoir a encore de belles pages à écrire et que ceux qui se sentent l'âme d'aventurier de la connaissance auront le plaisir de s'investir pour redonner de la saveur au savoir et ainsi préserver le rôle premier de la formation, trans-former les entreprises.

 

Stéphane DIEBOLD

 

 

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