Après plusieurs années de croissance soutenue, les indicateurs 2025 traduisent un net ralentissement sur le marché de l’emploi.
Véritable coup d’arrêt pour 2026 ou simple ajustement après une période exceptionnelle ? Quels types de contrats sont les plus concernés par ce repli ? Et quelles disparités territoriales et sectorielles se dessinent dans ce nouveau contexte ?
Décryptage des enseignements du dernier baromètre emploi d’Hellowork.
Normalisation du marché de travail après des années exceptionnelles
Après une année 2024 marquée par un volume d’offres exceptionnel, le marché de l’emploi connaît un repli en 2025. Le baromètre HelloWork recense 10,1 millions d’offres publiées sur l’année, soit une baisse de près de 10 % par rapport à l’année précédente.
Pour autant, ces niveaux restent sensiblement supérieurs à ceux observés avant la crise sanitaire, confirmant une tendance à la normalisation du marché de l’emploi après un inédit.
En pratique, cette évolution ne se manifeste pas de manière uniforme sur l’ensemble de l’année.
Les volumes d’offres diminuent plus nettement au printemps, puis en fin d’exercice. Le quatrième trimestre concentre à lui seul une baisse de 15 % sur un an, tout en totalisant encore 2,2 millions d’offres. Ces chiffres traduisent un marché moins dynamique qu’en 2024, mais toujours actif, dans un contexte où les entreprises semblent ajuster le rythme de leurs recrutements.
Prudence dans les recrutement selon les contrats
La baisse du volume d’offres s’observe de manière différenciée selon les types de contrats.
Par exemple, les offres de CDI reculent de 11 % sur l’année, avec 4,4 millions de postes proposés. Amorcée dès l’automne 2024, cette tendance s’inscrit dans un contexte où les entreprises semblent ralentir leurs engagements sur le long terme, en ajustant le calendrier et le périmètre de leurs recrutements.

Données 2025 issues du baromètre emploi hellowork
Les CDD suivent une trajectoire comparable avec une baisse de 10 %, à 1,2 million d’offres. L’intérim recule également, mais dans des proportions plus limitées (- 8 %), totalisant encore 4,2 millions d’offres. Ce niveau élevé confirme que l’intérim reste un levier largement mobilisé pour répondre à des besoins ponctuels, notamment dans le BTP et certaines activités industrielles.
Le repli est plus marqué du côté de l’alternance, en baisse de 12 % sur un an. Le baromètre HelloWork relie cette évolution à la réforme du financement et à la réduction des aides publiques (décret aide à l’apprentissage). Un signal à surveiller de près pour les stratégies de pré‑recrutement et de développement des compétences.
Disparités territoriales et sectorielles toujours marquées
La contraction du volume d’offres concerne l’ensemble des régions en 2025, mais son ampleur varie sensiblement selon les territoires. Certaines zones parviennent à contenir le recul, tandis que d’autres enregistrent des baisses plus prononcées.
À titre d’exemple, la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur limite ainsi la diminution à 4 %, portée par des besoins soutenus dans la santé et les services à la personne. Tandis qu’à l’inverse, la Nouvelle‑Aquitaine, l’Occitanie et les Pays de la Loire affichent des replis compris entre 12 % et 15 %.
Dans les principales métropoles, le nombre d’offres recule en moyenne de 12,6 % sur l’année. Certaines villes maintiennent toutefois un niveau d’activité proche de celui de 2024. C’est le cas en ce qui concerne le marché de l’emploi à Strasbourg. En revanche, les diminutions sont bien plus nettes sur d’autres métropoles. Toulouse, Bordeaux, Lille ou Nantes, notamment.

Données 2025 issues du baromètre emploi Hellowork
Bien entendu, les écarts sont tout aussi visibles d’un secteur à l’autre. Hors intérim, la santé et les services à la personne continuent de concentrer une part importante des recrutements, avec des volumes quasiment stables sur un an.
À l’opposé, plusieurs fonctions support enregistrent un repli significatif. Les métiers des ressources humaines et de la formation voient ainsi le nombre d’offres reculer de 33 %, tandis que le marketing et la communication enregistrent une baisse de 30 %.
Du côté de l’intérim, le BTP et l’industrie demeurent des réservoirs majeurs d’offres, représentant à eux seuls près de la moitié des volumes publiés. Si le BTP parvient à limiter la baisse, les activités de logistique et de transport décrochent davantage. Certaines branches industrielles montrent néanmoins des signes de reprise ciblée en fin d’année.
Ralentissement marqué et tension maintenue
Malgré la baisse globale des volumes, le baromètre HelloWork met en évidence la persistance de fortes tensions sur plusieurs métiers et filières. Comme nous venons de le voir, les besoins restent particulièrement élevés dans la santé, les services à la personne, la construction, l’enseignement ou encore certaines activités industrielles.
À l’inverse, d’autres segments deviennent nettement plus concurrentiels du côté des candidats. Dans les métiers de la communication, du marketing ou des médias, la diminution des opportunités s’accompagne d’un afflux de candidatures. Ce qui, évidemment, modifie sensiblement les rapports de force entre employeurs et postulants.
L’ensemble de ces évolutions dessine un marché de l’emploi moins expansif qu’au cours des années précédentes, mais loin d’être à l’arrêt. Les entreprises semblent désormais ajuster plus finement leurs recrutements, en ciblant davantage les profils et les compétences recherchés. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de transformations structurelles à venir, notamment liées aux évolutions démographiques attendues à l’horizon des années 2030.

