Aider un salarié dans son retour au travail après un AVC

par La rédaction

Voir un salarié quitter son poste pendant quelque temps suite à un AVC n’est pas une chose facile, ni pour l’employeur, ni pour les collègues de travail et encore moins pour le responsable RH. Assurer le retour en douceur de cette même personne après avoir subi une lésion cérébrale n’est jamais facile non plus. Les AVC varient en forme et en gravité et il n’est pas toujours aisé d’anticiper les besoins du salarié avant son retour. L’accident vasculaire cérébral peut avoir affecté ses compétences professionnelles, ses relations avec les autres, au même titre que la manière dont cette personne peut se concentrer, apprendre, traiter et se souvenir des informations liées à son emploi.
Comment aider un salarié dans son retour au travail après un AVC ?

L’AVC : mise au point

Tout d’abord, il est important de rappeler que l’AVC, l’accident vasculaire cérébral, n’est pas directement lié au travail ou au fait de travailler. Les personnes occupant un travail sédentaire aussi bien que les sportifs de haut niveau sont exposés au risque d’AVC, bien qu’à des degrés différents et seuls des examens sanguins réguliers permettent de détecter une anomalie comme un niveau de cholestérol, d’urée, de créatinine trop important, une tension élevée etc.

Après avoir subi un AVC, un salarié bénéficie d’un suivi médical et il ou elle est amené(e) à consulter des professionnels de santé divers : neurologue, médecin de réadaptation physique, kinésithérapeute, orthophoniste etc. Selon les séquelles et la gravité de l’AVC, ainsi que le niveau des études, le taux de reprise au travail varie de 11% à 85%.

Des mesures à considérer pour favoriser la réinsertion d’un salarié après un AVC

Qu’il s’agisse d’ajustements physiques comme l’aménagement de l’espace ou des modifications dans les horaires de travail du salarié ayant subi un AVC, de nombreuses mesures sont à la portée des entreprises et il est important que celles-ci en discutent les modalités avec la personne concernée. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte, comme notamment :

  • L’évaluation des besoins du salarié, afin de proposer des solutions adaptées. L’intervention d’un ergothérapeute et d’un professionnel de santé qualifié peuvent concourir grandement à trouver des solutions optimales. Peut-être serez-vous amené à mettre en place des solutions supplémentaires comme des rampes d’escalier si l’employé en question a été victime de lésions ayant engendré des séquelles physiques, par exemple. Dans certains cas, un équipement adapté devra être envisagé : moniteur d’écran plus grand pour les personnes souffrant de problèmes de vue etc.
  • Les besoins en formation du salarié ayant subi un AVC. Il est important que le salarié se sente soutenu et accompagné. Un système de binôme est souvent une bonne solution lui permettant de se tourner vers un collègue de travail situé à proximité, pour poser des questions et pour réapprendre à utiliser les équipements à sa disposition.
  • La charge de travail de la personne qui revient au travail après un AVC doit être adaptée, c’est-à-dire réduite en fonction de l’étendue de ses lésions cérébrales et de la manière dont elle a été affectée. Une lésion cérébrale pouvant entraîner la perte de certaines capacités cognitives, elle peut nécessiter la mise en place de tâches plus minces et plus faciles à gérer. Le fait de proposer un retour progressif au travail ou une flexibilité dans les horaires peut également contribuer à permettre au salarié de se déplacer de son domicile à son lieu de travail etc.
  • Un suivi RH permanent doit être maintenu, de manière à observer d’éventuelles difficultés pour le salarié ainsi qu’au niveau de ses interactions avec ses collègues, l’AVC pouvant impacter sur son comportement et ses relations avec autrui.

Comme toute situation de handicap, l’AVC requiert une gestion post-traumatique qui prend du temps et qui demande, de la part de l’employeur, de faire preuve d’adaptabilité. Une transition qui n’est pas toujours facile à gérer et qui requiert de la patience, de la motivation et de la tolérance de la part de tous les membres de l’entreprise.

Marilyn GUILLAUME

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