L’IA est déjà partout dans les directions RH. Mais en formation, le débat prend une tournure particulière : s’agit-il d’un simple accélérateur de production de contenus… ou d’un véritable levier de transformation de l’apprentissage ? Entre IA généraliste et IA pédagogique, entre génération et entraînement, le sujet dépasse largement la question technologique.
Dans ce nouvel épisode de HR Tech Stories, Christophe Patte reçoit Florence André, directrice du développement chez Teach Up, pour décrypter ce que l’IA change dans les pratiques Learning. Derrière l’effet d’annonce, une question structurante : comment utiliser l’IA pour développer durablement les compétences, sans créer de dépendance ni dénaturer le rôle des experts pédagogiques ?
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IA généraliste vs IA pédagogique
L’IA en formation n’est pas totalement nouvelle. Des logiques d’adaptive learning et d’algorithmes prédictifs existaient déjà. Mais l’arrivée massive des IA génératives a changé l’échelle du phénomène.
Aujourd’hui, n’importe quel manager peut solliciter une IA généraliste pour rédiger un module, simuler un entretien annuel ou préparer un feedback difficile. Gain de temps évident. Mais apprentissage durable ? Pas forcément.
Lors de cet épisode, Florence rappelle qu’une IA pédagogique n’est pas pensée pour simplement produire du contenu. L’IA pédagogique est conçue pour structurer un parcours d’apprentissage, s’appuyer sur les contenus propres à l’entreprise, intégrer des principes issus des sciences cognitives et organiser la progression dans le temps.
Autrement dit, il ne s’agit plus seulement d’obtenir une réponse ponctuelle dans le flux de travail, mais d’ancrer une compétence. L’IA pédagogique mémorise les interactions, adapte les exercices, espace les répétitions, propose des mises en situation progressives. Elle ne répond pas seulement à une question, elle accompagne la montée du savoir-faire.
Cette logique change aussi la nature des indicateurs. On ne parle plus uniquement de taux de complétion ou de satisfaction, mais de taux de maîtrise, de progression sur des micro-compétences, de capacité réelle à transférer un savoir en situation terrain.
Transformation des métier et nouveaux équilibres
L’un des points les plus sensibles concerne évidemment l’évolution du rôle des ingénieurs pédagogiques.
La production de contenus est désormais largement accélérée par l’IA. Mais loin de disparaître, le métier se déplace vers davantage de stratégie et d’orchestration : analyser le besoin métier, définir l’intention pédagogique, concevoir des scénarios d’entraînement pertinents, relier les formations aux référentiels de compétences.
L’IA devient alors un amplificateur plutôt qu’un substitut. Elle permet aussi à des experts métier ou à des managers de contribuer plus facilement à la création de contenus, sous le pilotage des équipes Learning.
Autre évolution majeure : l’entraînement en situation simulée. Grâce à des scénarios adaptatifs, les collaborateurs peuvent s’exercer dans un environnement neutre, sans jugement, avec des niveaux de difficulté progressifs. L’objectif n’est plus d’acquérir un socle de connaissances homogène, mais d’homogénéiser la mise en pratique.
Cette dimension change le rapport à l’engagement des apprenants. Plus les situations sont proches du terrain, plus l’apprenant se projette. L’IA peut alors jouer un rôle de coach, en fournissant des feedbacks détaillés sur des savoir-faire observables et en accompagnant les progrès dans le temps.
Mais cette évolution pose aussi des questions structurantes : cartographie des compétences, interconnexion des outils, exploitation des données learning, gouvernance et conformité au cadre réglementaire (notamment au regard de l’IA Act). Une IA utilisée pour l’entraînement ne répond pas aux mêmes exigences qu’une IA utilisée pour l’évaluation. La clarté du cadre devient un facteur clé de confiance.
Pour aller plus loin
Pas d’enthousiasme naïf, ni ce scepticisme systématique. Dans cet épisode, nous interrogeons un point clé : l’IA développe-t-elle l’autonomie des collaborateurs… ou risque-t-elle d’affaiblir leurs capacités cognitives si elle est mal utilisée ?
Pour Florence André, tout dépend de l’intention et du design. Une IA sollicitée ponctuellement peut créer de la dépendance. Une IA pédagogique pensée pour entraîner, questionner et faire réfléchir peut, au contraire, renforcer la méta‑cognition et l’engagement.
Alors, comment structurer une stratégie Learning à l’ère de l’IA ? Quels KPI suivre réellement ? Comment articuler personnalisation, performance métier et cadre éthique ? Découvrez-le dans ce nouvel épisode du podcast HR Tech Stories, une production myRHline.
À propos de Teach Up
Teach Up est un outil auteur puissant qui permet à une entreprise ou à un organisme de formation de créer, en équipe, des modules de formation, des évaluations et même des parcours blended complets. Grâce à son Intelligence Artificielle pédagogique, Teach Up permet de proposer à chaque apprenant une expérience d’apprentissage qui s’adapte en temps réel à son niveau et à sa façon d’apprendre. Compatible avec toutes les plateformes LMS du marché, pensée pour interagir avec les technologies les plus en pointe dans leur domaine, Teach Up est une technologie évolutive et connectée à son marché.


L’invitée HR Tech Stories