Depuis un peu plus de 2 ans, les prédictions anxiogènes sur l’IA saturent le débat public. Pourtant, dans les entreprises, l’impact de l’intelligence artificielle reste encore largement contenu. Alors, l’IA est-elle (vraiment) une menace pour l’emploi ou un levier d’augmentation des métiers existants ? Pourquoi le recrutement est-il devenu un terrain d’expérimentation aussi sensible ? Et que risque-t-on collectivement à force d’automatiser sans repenser nos pratiques ?
Dans ce nouvel épisode d’En voiture les RH, le podcast Factorial produit par myRHline, Christophe Patte embarque Jérémy Lamri, CEO de Tomorrow Theory et Les Emergences, pour décrypter l’impact réel de l’IA sur la fonction RH et le travail.
L’effet loupe de l’IA sur l’emploi et la fonction RH
Pour Jérémy Lamri, l’IA n’est ni bonne ni mauvaise par nature. C’est une technologie. Et comme toute technologie, son effet dépend entièrement des choix organisationnels qui structurent son déploiement.
Quelle part de nos métiers mérite réellement d’être augmentée ? Et laquelle pourrait être automatisée sans appauvrir le sens du travail ? Une distinction particulièrement visible dans la fonction RH avec :
- un bloc administratif et régalien, structuré par des règles, donc fortement automatisable, d’une part ;
- un bloc « people », fondé sur des données (data RH) fragiles, hétérogènes, parfois inexistantes, d’autre part.
Dès lors, la question n’est plus tellement de savoir où l’IA peut être déployée, mais dans quelles conditions. Car sur ces terrains encore peu outillés, l’enjeu n’est pas tant technologique que méthodologique.
Recrutement, juniors et pacte social
Nous le savons, le recrutement s’est imposé comme le principal laboratoire de l’IA RH. Un terrain d’expérimentation stratégique, mais aussi l’un des plus sensibles pour la fonction RH.
Car derrière l’automatisation du sourcing, ce sont déjà certains métiers d’entrée du recrutement qui disparaissent. Jérémy Lamri évoque notamment l’exemple des États-Unis, où cette évolution s’accompagne d’une pénurie de profils intermédiaires et d’interrogations encore largement sous-estimées sur les trajectoires professionnelles.
L’épisode pose aussi une question encore peu appréhendée : si l’IA permet de dégager davantage de valeur avec moins de salariés, comment cette valeur sera-t-elle redistribuée ? Et que se passera-t-il si ces gains s’accompagnent d’une fragilisation de l’emploi, jusqu’à faire émerger un déséquilibre social plus profond ?
Pour l’invité d’En voiture les RH, il devient donc urgent de rouvrir le débat du pacte social, non pas sous l’angle technique, mais politique et RH. Et pour cause : l’IA oblige déjà les organisations à se positionner sur des sujets longtemps laissés suspens tels que la valeur du travail, les trajectoires professionnelles ou la responsabilité sociale. C’est cette lecture de fond que propose Jérémy Lamri dans ce nouvel épisode du podcast En voiture les RH.
Un échange pour poser les bonnes questions avant que les réponses ne s’imposent d’elles-mêmes. À découvrir sans attendre.

