Trouver de la satisfaction dans une carrière : mission impossible ?

par La rédaction

S’il est un sujet qui revient régulièrement sur la table, autant dans les bureaux des DRH que dans les réunions des comités de direction, la satisfaction des collaborateurs reste invariablement en tête de peloton. En effet, comme chacun le sait, la motivation et la satisfaction vont de pair et il faut donc tout mettre en œuvre pour que les salariés restent motivés, coûte que coûte.
Au fil du temps, les recherches liées à la satisfaction au cours d’une carrière ont constitué le socle d’un débat très stimulant. Comment les entreprises maintiennent-elles la satisfaction des individus alors que leurs besoins évoluent si rapidement ? alors que ce que les entreprises ont à offrir ne peut pas évoluer aussi rapidement ? alors que les exigences de la vie moderne ne peuvent plus être satisfaites par des programmes traditionnels de reconnaissance et de récompenses des employés ?
La réalité est que la satisfaction dans le rôle d’un individu n’est pas quelque chose qui peut être atteint en stagnant tout au long d’une carrière. Ce dont chacun a besoin, pour trouver la satisfaction nécessaire pour avancer, évolue au fur et à mesure que son expérience grandit, au gré de ses besoins et priorités personnelles qui changent, au même titre que ses exigences et les attentes du monde du travail.
 
Dans les années 50, Frederick Hertzberg, un psychologue américain, célèbre pour ses travaux sur l’enrichissement des tâches au travail, présentait une théorie qui fait encore l’objet de recherches de nos jours. Ce que l’on appelle « la théorie des deux facteurs » identifie deux aspects de la satisfaction ; un point de vue unique car beaucoup tendent à croire que la satisfaction ne peut être atteinte qu’à un seul niveau. Plus précisément, les recherches de Hertzberg ont conduit à démontrer que, pour rester satisfait, il faut considérer ce dont nous avons besoin en relation avec une perspective d’hygiène aussi bien que ce dont nous avons besoin comme un facteur de motivation.
 
Quels sont les facteurs d’hygiène ?
Selon le psychologue, les facteurs d’hygiène sont des éléments qui peuvent être offerts et réalisés en milieu de travail et qui répondent aux besoins fondamentaux des employés. Il peut s’agir du salaire, des conditions de travail et les avantages en nature, mais également de la sécurité de l’emploi et du statut.
Ce que toutes les entreprises s’accordent à dire, est que le fait de ne pas répondre à ces facteurs d’hygiène n’équivaut pas nécessairement à un manque de satisfaction et de motivation au travail. Néanmoins, si ces conditions ne sont pas remplies, les collaborateurs se montrent moins satisfaits sur le plan de leur carrière. Pour comprendre ce phénomène, il est important de se pencher sur les facteurs de motivation.
 
Quels sont les facteurs de motivation ?
Ce que l’on appelle les « facteurs de motivation » engendrent un engagement positif et la satisfaction dont les individus ont besoin pour avancer professionnellement. Par exemple, être mis au défi, être reconnu pour ce que l’on fait, se voir attribuer des responsabilités, contribuer à prendre des décisions quant à l’avenir de l’entreprise, sentir que l’on a des opportunités d’évoluer, se développer et sentir un sentiment d’importance dans notre rôle, notre organisation et notre carrière.
Ces facteurs de motivation augmentent l’implication des salariés en entreprise et, par conséquent, la performance globale au sein de l’environnement de travail. Cela signifie également que, si un employé atteint ces objectifs de motivation, il restera motivé et pourra contribuer positivement à une culture de travail saine.
 
Les combinaisons possibles, selon Hertzberg
Selon le psychologue américain, il existe quatre combinaisons possibles :
–          Hygiène élevée + motivation élevée : une situation idéale dans laquelle les salariés sont très motivés et où le nombre de plaintes reste au minimum
–          Hygiène élevée + motivation basse : les collaborateurs se plaignent peu mais ne sont pas très motivés. Le travail est considéré comme une nécessité ; on parle de « travail alimentaire »
–          Hygiène basse + motivation haute : même si les employés sont motivés, le nombre de plaintes est conséquent. Il s’agit d’une situation dans laquelle le travail est à la fois passionnant et provocant. En revanche, les salaires et conditions de travail sont estimées comme étant insuffisants.
–          Hygiène basse + motivation basse : la pire des situations pour une entreprise, dans laquelle les salariés ne sont pas motivés et le nombre de plaintes est élevé.
 
Les besoins de chaque collaborateur sont différents au cours d’une seule et même carrière. En comprenant qu’il existe deux domaines sur lesquels il est possible d’agir pour qu’ils restent satisfaits et motivés sur la durée, il est possible de mettre en place des solutions visant à pallier au problème auquel ils sont confrontés et qu’ils doivent surmonter pour avancer.
 
Marilyn GUILLAUME

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