Le Gouvernement a annoncé, le 17 avril 2026, une tolérance pour le 1er mai concernant les boulangeries-pâtisseries et les fleuristes artisanaux. Un projet de loi a également été présenté en Conseil des ministres le 29 avril. Il vise une application au 1er mai 2027.
En France, le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés. Les exceptions concernent les établissements dont l’activité ne peut être interrompue. Or, la jurisprudence de la Cour de cassation impose à l’employeur de prouver cette impossibilité.
Cette situation crée une insécurité juridique pour les boulangers et les fleuristes indépendants. Après l’échec du texte adopté par le Sénat en première lecture en 2025, le Gouvernement propose une réponse en deux étapes :
- une tolérance pour le 1er mai 2026 ;
- un projet de loi sécurisant le dispositif pour une application au 1er mai 2027.
1er mai 2026 : une tolérance encadrée
Le Premier ministre a confirmé, le 17 avril 2026, que les boulangers-pâtissiers et fleuristes artisanaux pourront ouvrir le 1er mai. Aucun texte législatif ne sera toutefois applicable à cette date.
En l’absence de texte législatif applicable à cette date, il a donné instruction aux services de l’État de faire preuve de tolérance. À ce titre, des conditions cumulatives encadrent cette ouverture :
- seules les boutiques de boulangerie-pâtisserie et fleuristes indépendantes et artisanales sont concernées ;
- le travail des salariés repose sur le volontariat ;
- la rémunération des salariés est doublée, conformément à la loi.
Le Premier ministre a également proposé aux représentants des filières un point d’étape fin mai-début juin.
1er mai 2027 : un projet de loi présenté en Conseil des ministres
Le ministre du Travail et des Solidarités a présenté le projet de loi en Conseil des ministres le 29 avril 2026. Le texte vise à sécuriser le travail des salariés volontaires le 1er mai dans les boulangeries-pâtisseries et chez les fleuristes.
L’objectif est de s’appuyer sur le dialogue social de branche et d’introduire une dérogation de droit, strictement circonscrite à ces deux secteurs. Selon le compte-rendu diffusé par l’État, cette dérogation serait soumise à plusieurs conditions cumulatives.
D’une part, des accords de branche devraient être conclus dans chacun des deux secteurs. D’autre part, ces accords préciseraient les modalités de recueil de l’accord écrit du salarié volontaire. Ils prévoiraient également les modalités de prise en compte d’un changement d’avis du salarié.
Côté rémunération, les salariés concernés percevraient, en plus du salaire correspondant au travail accompli, une indemnité égale à ce salaire. Le doublement de la rémunération serait donc inscrit dans le texte.
Sous réserve de l’adoption par le Parlement et de la conclusion des accords de branche, le nouveau cadre juridique pourrait s’appliquer à partir du 1er mai 2027.
Source(s) documentaire(s) :
- Publication Vie Publique du 29 avril 2026
- Compte rendu du Conseil des ministres du 29 avril 2026

