Tendances RH : plus de bien-être, moins de bruit

par La rédaction

Si le recours aux espaces de travail en plan ouvert a du bon, il impacte sur la productivité et le bien-être des salariés à bien des égards. Pendant longtemps, ce type d’agencement a été considéré comme un pas vers l’avant… mais en est-il vraiment un ? Quelles sont les conséquences du bruit sur la productivité et le bien-être des salariés ? Explications.

La relation entre bruit ambiant et bien-être au travail

Une étude menée par une agence de recherche américaine, The Remark Group, en collaboration avec un psychologue de l’environnement, Nigel Oseland, indique que près de la moitié des collaborateurs en entreprise estiment que le bruit ambiant nuit à leur bien-être.
Cette enquête a étudié l’impact du bruit sur l’état d’esprit des salariés et le bien-être au travail, révélant que plus d’un tiers d’entre eux (34% plus exactement) pensent que le bruit n’est pas sain pour leur propre performance.
Au début de la recherche, le psychologue en charge de l’étude, a expliqué que, si le passage des espaces de bureau confinés à des bureaux en plan ouvert engendre beaucoup d’éléments positifs, il a un impact négatif sur une partie des collaborateurs. Pour le psychologue, le problème émane d’un mélange entre mauvaise conception, mauvaise gestion et problèmes de comportement. Un ensemble de facteurs sur lesquels bien des entreprises préfèrent éviter de se pencher, au risque d’ouvrir une énorme boîte de Pandore conduisant à mettre en exergue de problèmes bien plus profonds. Néanmoins, le problème est bel et bien là et les DRH sont exposés au problème du stress au travail, dont le bruit est l’une des causes à traiter.
 

Le bruit au détriment de la productivité des salariés

L’étude mentionnée ci-dessus a révélé que près de deux tiers des salariés interrogés (65%) affirment être interrompus dans leur travail en raison du bruit autour d’eux et ce, à raison de cinq fois par jour en moyenne. Lorsque l’on s’intéresse au temps que cela représente, ces cinq interruptions quotidiennes représentent 75 minutes de travail perdu chaque jour. Un quart des personnes interrogées parlent d’interruptions dues au bruit à raison de deux à cinq fois par jour et un peu moins (24%) sont dérangés de cinq à six fois au quotidien. Un simple lien de cause à effet pourrait faire penser qu’il n’est donc pas étonnant que nos entreprises ne sont pas aussi productives qu’elles devraient l’être, compte tenu du nombre d’heures travaillées…
 

Les bruits gênants en entreprise

Lorsque l’on s’intéresse aux bruits gênants les plus courants, les conversations téléphoniques des collègues arrivent en pole position, suivies des conversations personnelles, des rires spontanés et des sonneries des téléphones. Celle que Nigel Oseland pointe du doigt comme étant le plus grand facteur de distraction à portée de tous les salariés, quels qu’ils soient : il s’agit de la parole. Le psychologue parle de « syndrome du cocktail », utilisant la métaphore d’un rassemblement de personnes, à l’occasion d’un cocktail, ou quelqu’un prononce votre nom dans une pièce et que vous l’entendez, cherchant automatiquement à savoir d’où émane l’appel. Une réaction tout à fait normale, dans la mesure où elle est liée au réflexe de survie ancrée en chacun d’entre nous, qui consiste à écouter inconsciemment les mots-clés et à interpréter les discours.
Néanmoins, certains types de personnalités tolèrent mieux les environnements bruyants que d’autres. Ainsi, les personnes extraverties sont plus favorables aux environnements bruyants que les personnes réservées, qui elles, préfèrent des espaces plus calmes et plus sombres.
Le bruit sur le lieu de travail affecte également les personnes en fonction de leur âge, les générations réagissant différemment au bruit. En réalité, il existe des différences fondamentales entre la réaction au bruit des personnes plus âgées et les plus jeunes, les premières étant moins sensibles au bruit.
Il est temps pour les entreprises de réfléchir aux conséquences du bruit dans les bureaux et de prendre les mesures qui s’imposent. Installer des espaces calmes, des cabines au milieu de l’espace ouvert ? Faut-il demander aux collaborateurs de s’éloigner de leur bureau pour bavarder ? Il est certain que les changements de comportement, quelle que soit la manière dont ils sont mis en place, contribueront à une meilleure ambiance et à un plus grand bien-être au travail.
Marilyn GUILLAUME
 

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