Retraités et consultants experts, des profils qui plaisent aux entreprises !

par La rédaction

Les apôtres du jeunisme risquent de se faire des cheveux blancs. Dans de nombreux domaines d’activité, de jeunes retraités sont employés comme consultants experts pour des missions à durée variable, qu’il s’agisse d’une formation de quelques jours ou d’un accompagnement de projet s’étalant sur plusieurs années. Leur haut niveau de compétences et leur expérience les rendent tout simplement indispensables !

 

Ces retraités qui souhaitent encore exercer une activité professionnelle…

Quand sonne l’heure de la retraite, certains salariés ou travailleurs s’orientent vers la pratique de hobbies ou s’impliquent dans une vie associative. D’autres, souvent des experts techniques dans leur domaine d’activité, éprouvent le besoin de conserver un pied dans le monde professionnel. En France, la législation permet à ces jeunes retraités de travailler tout en étant rémunéré. Leurs motivations sont diverses : « soit ils souhaitent conserver une valeur auprès de la société, soit ils éprouvent le besoin de continuer à vivre leur passion » remarque Pascal Dardenne, directeur du développement chez Experconnect, société de conseil en management de compétences. Dans certains secteurs (ingénierie, industriel, finance, marketing…), le savoir-faire de ces retraités est particulièrement prisé.  

 

Retraités et consultants experts, pourquoi leurs profils intéressent tant les entreprises !

Les raisons sont nombreuses. Une d’entre elles est démographique et s’entend à la lumière de l’évolution de la pyramide des âges et notamment du Papy-Boom : en effet, une filière peut se trouver confrontée à d’importants mouvements de départs en inactivité conjugués à une réelle difficulté de renouvellement des mêmes profils chez des populations plus jeunes.

 

Une autre raison est sociologique, comme le souligne Pascal Dardenne : « beaucoup de nos experts ont un fort désir de transmettre leurs connaissances et leur savoir-faire. Pourtant, lorsqu’ils sont en poste, il est rare qu’ils aient le temps et les moyens de le faire, performance d’entreprise oblige… De plus, cette logique de transmission du savoir est d’autant moins évidente qu’elle consiste à les déposséder d’une part de leur valeur et donc de leur pouvoir. Dès lors, ils sont nettement plus enclins à transmettre une fois partis à la retraite, libérés de toute pression et ambition carriériste. » 

 

Enfin, les entreprises ont un réel besoin de ces profils d’experts retraités. Non seulement ils sont susceptibles d’apporter une technicité et un savoir-faire relativement rares sur le marché de l’emploi mais ils représentent encore une population très flexible. Responsable Droit et Relations Sociales chez Systra, société de conseil en ingénierie dans les transports publics, Nelly Demmerlé explique que certains de leurs clients « sont demandeurs de personnes possédant une très grande expérience. Les personnes exerçant une activité indépendante après la retraite sont des perles rares puisqu’ils possèdent cette expérience tout étant très réactifs et facilement mobilisables, que ce soit pour des projets nationaux ou internationaux. »

 

L’emploi des séniors, une question qui reste d’actualité

Si ces experts retraités possèdent une valeur incontestable aux yeux des entreprises, l’emploi des séniors reste toujours une question préoccupante. Le plan d’actions séniors de 2010 a certes permis des avancées significatives en la matière, mais les actions mises en place peinent à se réinventer. « De nombreux DRH et chefs d’entreprise comprennent l’intérêt d’avancer sur ces sujets, à l’instar de l’accompagnement des collaborateurs jusqu’à leur fin de carrière.

Cependant, il manque une réelle volonté politique pour améliorer sur le long terme la situation de ces séniors » observe Pascal Dardenne. Et d'ajouter : « aujourd’hui, seulement 10 à 15% des entreprises proposent un bilan retraite à leurs salariés. Ce bilan permet pourtant aux collaborateurs de mieux aborder leur fin de carrière : anticiper leur sortie d’activité, s’informer sur leurs futurs droits de retraités… » Autre exemple, seulement une vingtaine de grands groupes français ont réalisé une cartographie précise des métiers et de leurs évolutions au sein de leur entreprise. Cette cartographie a pour vocation de déterminer et d’anticiper à l’horizon 2020 les compétences qui seront en attrition comme celles qui n’auront plus lieu d’être. Ces compétences étant souvent détenues par les populations les plus séniors, ce manque d’anticipation pourrait créer des situations problématiques à la fois pour les collaborateurs et pour les directions.

 

Romain GIRY

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