Selon les dernières données diffusées par l’assurance retraite, 31 368 retraités bénéficiaient d’une retraite progressive fin 2024. Un volume qui reste marginal, même si le dispositif semble de plus en plus utilisé.
Instauré il y a près de 40 ans, la retraite progressive peine toujours à trouver sa place dans les pratiques RH, malgré une montée en puissance observée depuis une dizaine d’années.
Comment intégrer la retraite progressive dans une stratégie de gestion des fins de carrière ? Quels bénéfices concrets pour l’anticipation des départs et la transmission des compétences ? Et quels points de vigilance opérationnels pour les employeurs ?
Autant de questions auxquelles cet article apporte des réponses, en décryptant les usages, les enjeux et les conditions de mise en œuvre du dispositif.
Retraite progressive : à qui s’adresse-t-elle ?
La retraite progressive permet aux actifs en fin de carrière de réduire leur activité professionnelle en percevant une partie de leur pension de retraite. Ce dispositif est ouvert aux salariés âgés de 60 ans et plus, travaillant à temps partiel ou temps réduit. Les collaborateurs éligibles doivent par ailleurs justifier d’au moins 150 trimestres validés et ce, quel que soit leur régime de retraite.
Qui plus est, la rémunération d’une personne en retraite progressive est composée du salaire versé par l’entreprise au prorata du temps travaillé, et de la part contributive de l’assurance retraite. Un salarié en poste à 80 % aura ainsi droit à 20 % du montant de sa retraite.
Les 3 conditions d’accès à la retraite progressive
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Un dispositif gagnant-gagnant pour les employeurs et les salariés
Avantageuse pour les salariés, cette mesure l’est aussi pour les employeurs, puisqu’elle permet d’avoir une vision précise des départs à la retraite et des recrutements à venir, et donc de mieux les anticiper. Elle offre en outre une meilleure transition vers la fin de carrière et la sortie de la structure, et une vraie flexibilité du temps de travail.
C’est au demeurant un outil de taille au service de l’engagement des collaborateurs et de votre attractivité. En optant pour le déploiement de la retraite progressive, vous impulsez une politique favorable à l’emploi des seniors, et envoyez un message fort à vos talents et aux candidats, qu’ils soient d’ores et déjà en âge de prétendre à ce dispositif ou non.
Cette fidélisation des équipes et a fortiori des seniors favorise également la collaboration intergénérationnelle et le transfert de compétences : plus vos salariés seniors se sentiront accompagnés et valorisés, plus ils seront enclins à transmettre leurs savoirs aux plus jeunes avant leur départ.
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De nombreux avantages et des points de vigilance
Cependant, cette démarche apporte son lot de lourdeurs administratives pour les ressources humaines, qui se doivent à la fois de maîtriser les subtilités de la mesure et d’intégrer le suivi des salariés en retraite progressive à leurs processus.
Sans compter les impacts du temps partiel ou réduit sur l’activité des autres collaborateurs, raison pour laquelle il est préférable d’étudier la faisabilité d’un passage en retraite progressive en amont, afin d’éviter l’écueil de surcharger les équipes en temps plein. D’autant que les salariés en retraite progressive ne peuvent effectuer des heures supplémentaires que dans la limite de 10 % de la durée hebdomadaire ou mensuelle de leur travail.
Retraite progressive : quelle mise en œuvre pour la fonction RH ?
Si vous souhaitez intégrer ce dispositif à votre politique RH, pensez à communiquer largement auprès des équipes, non seulement pour leur faire connaître leur droit à la retraite progressive, mais également pour identifier les talents susceptibles d’être intéressés.
De même, vous pouvez adopter une posture proactive en recensant les personnes ayant au moins 150 trimestres à leur actif, et dont le poste peut s’envisager à temps partiel ou réduit. En parallèle, explorez la piste du bilan professionnel pour les collaborateurs âgés de 55 ans et plus, ou présentez la retraite progressive lors des entretiens de mi-carrière et de fin de carrière.
Bon à savoir
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Source(s) documentaire(s) :
- Publication Retraite progressive, Assurance Retraite

