Quelles compétences sur un CV

par La rédaction

A l’image du marché de l’emploi, le CV ne serait plus spécialisé, c’est-à-dire axé autour d’un métier et des compétences requises pour exercer ce métier, mais pluridisciplinaire. L’apparition de la rubrique « compétences », souvent placée au-dessus des autres rubriques était un premier pas. On se penche désormais vers une exploration plus profonde de toutes les compétences du candidats, transférables et transversales. Le risque : alourdir le CV.

 

Les compétences transversales

Le Conseil d’Analyse Stratégique[1] vient de rendre un rapport sur les compétences transférables et transversales, « des compétences qui facilitent les mobilités professionnelles ». Parmi les propositions du CAS, la promotion d’un CV-type comprenant « une ou plusieurs rubriques compétences transversales ». Ce modèle serait particulièrement adapté aux métiers « sans spécialité de formation particulière ». Les experts évoquent deux types de profils. Le premier concerne les « salariés expérimentés (par exemple : les employés de maison) » ; le second les « jeunes débutants (par exemple : les serveurs) ». 
 
Pour certains recruteurs, tout dépend en effet du statut du candidat et de sa volonté d’évolution professionnelle. Un CV avec compétences transversales s’adapterait bien à une candidature en interne, à une personne en reconversion ou encore à un candidat expérimenté qui chercherait à changer d’entreprise. Cette rubrique lui permettrait notamment de mettre en valeur des compétences acquises au cours d’un Plan de Formation et qui n’auraient pas de lien direct avec sa formation initiale ou ses responsabilités premières.
 
Pour les candidats en reconversion, les compétences transversales sont l’occasion de faire le lien entre les expériences passées et le poste actuellement visé. Il s’agit, pour ce type de profil, de ne pas repartir sur un CV de débutant et de valoriser les compétences acquises dans un métier qui pourront être mobilisées sur un nouveau poste.
 
D’autres spécialistes du recrutement, notamment ceux qui exercent en cabinet, rejoignent le CAS sur l’utilité de faire apparaître les compétences transversales sur un CV pour les candidats sans expérience ou en recherche d’un emploi temporaire (étudiants, job d’été, satge…). Cette ou ces rubriques permettent de placer des mots-clés dans un CV qu’un logiciel de pré-sélection pourra détecter. Les compétences transversales se rapprochent souvent du savoir-être. Pour coller au maximum aux termes de l’annocne, le candidat y fera figurer des compétences liées à sa capacité d’adaptation, d’apprentissage, de travail en équipe ou encore d’animation d’une équipe. Il reste cependant difficile d’appréhender « un niveau de compétence », car ces compétences ne sont, par définition, pas sanctionnées par une certification ou un diplôme.
 

Le risque d’alourdir le CV

Les candidats qui optent pour la rubrique compétences la font souvent apparaître en début de CV. Dans ce cas, elle doit alors être brève. Le recruteur ne doit pas être mis en face d’une liste interminable de compétences, avant d’entrer dans le vif du sujet. Certains modèles de CV, comme le CV Europass, prennent le parti d’accorder une large place aux compétences transversales. On retrouve alors plusieurs rubriques positionnées après les parties éducation et expériences. Le CV en est considérablement allongé et dépasse largement la page unique souvent recommandée.
 
L’union européenne a défini une liste du 8 compétence clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie. C’est en fonction de ces compétences qu’est organisé le CV Europass : langue maternelle, langues étrangères, mathématiques et bases en sciences et technologies, compétence numérique, compétences sociales et civiques, esprit d’initiative et d’entreprise, sensibilité et expression culturelle, capacité à apprendre.
 
Faut-il faire apparaître toutes ces cases sur un CV ? Une partie des recruteurs sont d’avis de développer les compétences transversales dans la partie expériences. D’autres évoquent l’effet « un détail qui fait la différence ». Qui sait, le candidat tombera peut-être sur un recruteur passionné, comme lui, de plongée sous-marine ? S’il devient pluridisciplinaire, le CV doit surtout rester personnel et honnête.
 
 
 
  Typhanie BOUJU

 

 


[1] Institution d’expertise et d’aide à la décision placée auprès du Premier ministre

 

 

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