Du désengagement à la fidélisation, la reconnaissance occupe une place centrale dans l’expérience de travail.
Pourquoi la reconnaissance, pourtant identifiée comme une attente forte des salariés, peine-t-elle à s’inscrire (vraiment) dans les pratiques des entreprises ? En quoi une reconnaissance reposant uniquement sur le rôle du manager limite-t-elle sa portée au quotidien ? Et comment une application comme Listen Leon peut-elle aider les organisations à animer la reconnaissance dans la durée ?
Pour répondre à ces questions, la rédaction de myRHline est partie à la rencontre de Benoît Grondin, cofondateur de Listen Leon, plateforme digitale qui permet d’installer un programme de reconnaissance au travail dans les organisations.
La reconnaissance : attentes fortes mais difficile à traduire dans les pratiques
Figurant parmi les attentes les plus souvent exprimées par les salariés, la reconnaissance renvoie à un besoin simple et fondamental : savoir que son travail est vu, compris et apprécié. Elle touche à la place que chacun occupe dans le collectif de travail, et à la valeur accordée à sa contribution. À ce titre, elle joue un rôle central dans l’engagement collaborateur, l’attachement à l’entreprise et la qualité de vie au travail (QVCT).
Pourtant, dans de nombreuses organisations, la reconnaissance reste cantonnée à des intentions ou à des actions ponctuelles.
Lors de cet entretien, Benoît Grondin souligne d’ailleurs ce décalage persistant entre l’importance accordée à la reconnaissance dans les discours RH et la capacité des entreprises à l’activer. Et ce, de manière continue, dans le quotidien professionnel. Selon lui, le sujet ne relève pas d’un manque de volonté, mais plutôt d’une difficulté à créer des pratiques simples, régulières et partagées par l’ensemble des équipes.
La nécessité de s’affranchir d’une reconnaissance purement managériale
Il rappelle également que, dans les faits, la reconnaissance ne peut se limiter à une récompense ou à un dispositif monétaire. Pourquoi ? Car la motivation intrinsèque repose aussi sur la reconnaissance informelle, verbale, sur un message, adressé à une personne ou à un collectif, capable de susciter une émotion positive. Par ailleurs, la personnalisation de la reconnaissance est clé : lorsque ces marques de reconnaissance sont standardisées et/ou répétitives, l’impact attendu est rarement au rendez-vous.
Autre constat : la place encore très verticale de la reconnaissance. Dans beaucoup d’organisations, elle demeure associée au rôle du manager. Ce qui limite sa diffusion, sa fréquence et la variété des feedbacks reçus.
Or, les signes de reconnaissance peuvent aussi émerger entre collègues ou au sein d’équipes projets. Voire dans la relation avec des publics externes : clients, usagers, patients, habitants, parents d’élèves, partenaires selon le contexte. Une ouverture qui permet alors d’élargir les sources de feedback positif.
C’est sur cette vision 360° de la reconnaissance au travail que s’appuie Listen Leon. L’application repose sur une logique de reconnaissance ouverte, où chacun peut adresser un message de gratitude et devenir moteur de la reconnaissance des autres. Pour cela, le dispositif privilégie un accès simple, via un QR code ou une page web, afin de réduire les freins à l’expression.
Par défaut, les messages envoyés sont anonymes afin de favoriser la spontanéité et d’éviter les logiques de contrepartie. L’émetteur conserve toutefois la possibilité de s’identifier dans le corps du message. Ce cadre vise à préserver l’authenticité des échanges, tout en laissant une marge de liberté aux utilisateurs.
De l’intention à l’usage : stimuler la reconnaissance au quotidien
Au-delà des témoignages de reconnaissance, la question de l’animation occupe une place importante dans la démarche présentée par Benoît Grondin. Sans rituels et sans approche programmatique, la reconnaissance risque l’essoufflement. L’enjeu consiste donc à inscrire ces pratiques dans le temps, en lien avec la vie de l’organisation.
En ce sens, Listen Leon permet par exemple de s’appuyer sur des moments identifiés de la vie professionnelle : arrivées, départs, anniversaires ou étapes d’ancienneté. Les messages sont alors regroupés et remis sous forme de « bouquets » de reconnaissance. Ceci afin de donner davantage de visibilité aux retours positifs.
En parallèle, l’application propose aussi des formes d’animation plus ludiques, sous forme de défis ou de challenges internes. L’objectif consiste à encourager l’expression de la reconnaissance sur l’année, au-delà des moments institutionnels. Dans ce cas de figure, ces dispositifs cherchent à soutenir une dynamique collective. Plutôt qu’une succession d’actions isolées.
La question de l’encadrement des usages apparaît bien entendu comme un point de vigilance. À ce titre, l’application Listen Leon prévoit une relecture des messages avant publication. Le but ? Éviter les dérives et garantir l’intention initiale de remerciement. Un choix qui distingue l’outil d’une logique d’avis ou de notation, et vise à préserver un climat de confiance.
Pour conclure, la reconnaissance échoue rarement par manque de conviction, mais par manque de cadre et de pratiques simples. Tant qu’elle reste principalement portée par le manager, elle demeure ponctuelle et inégale, alors qu’elle devrait être diffuse, quotidienne et collective.
L’enjeu pour les entreprises est donc d’organiser la circulation de la reconnaissance, pas seulement de l’encourager. En la rendant facile à exprimer, visible et ancrée dans les moments de la vie professionnelle, elle devient un levier durable d’engagement et de fidélisation.
