Les bénéfices de l’intrapreneuriat en période de crise

par La rédaction

La crise liée au Coronavirus est l’occasion de revenir sur les bénéfices de l’intrapreneuriat, pour les salariés autant que pour l’entreprise. D’après Véronique Bouchard, auteure d’Intrapreneuriat : innovation et croissance aux éditions Dunod, les entreprises ont d’ailleurs tendance à développer des programmes d’intrapreneuriat lorsqu’elles font face à une période de transformation ou de transition.  Pour cette enseignante à l’EM Lyon, il y a des bénéfices très importants à attendre d’un programme d’intrapreneuriat “en terme de création de valeurs et de développement du capital humain”. Retour sur les bénéfices de l’intrapreneuriat et sur les moyens pour mettre en oeuvre un programme d’intrapreneuriat réussi.

Les bénéfices de l’intrapreneuriat : bien-être des salariés et développement de nouveaux business

L’intrapreneuriat est une démarche par laquelle un ou plusieurs employés en association avec leur organisation s’engage et porte à leur initiative des activités innovantes et créatrices de valeurs. À titre d’exemple, la marque Les 2 Vaches est née d’un programme intrapreneurial chez Danone.

Côté entreprise, l’intrapreneuriat offre la possibilité :

  • d’innover
  • de mettre en perspective ses priorités, de remettre en question certains acquis, de réfléchir à des méthodologies de travail inventives favorisant la participation des salariés motivés
  • de trouver de nouvelles rentabilités

Côté salariés, l’intrapreneuriat :

  • favorise le dialogue et la rencontre de collaborateurs
  • permet de créer des liens forts et différents de ceux tissés lors des missions quotidiennes
  • donne davantage de sens au travail des salariés grâce à l’engagement sur le moyen/ long terme

Ces bénéfices de l’intrapreneuriat sont d’autant plus précieux en période difficile, de crise. “En contexte d’incertitude forte, il est nécessaire de valoriser la prise d’initiative et l’esprit intrapreneurial car cela devient primordial pour réagir de manière plus rapide, agile et connectée avec les besoins terrains” témoigne Lola Virolle, responsable des programmes d’intrapreneuriat chez makesense. Elle précise : “Cette démarche peut permettre de générer et développer très rapidement des projets face aux nouveaux enjeux. C’est aussi une occasion unique d’impliquer les salariés dans la relance, en leur laissant la main pour proposer des opportunités et des solutions.” 

Comment accompagner les salariés dans l’intrapreneuriat ?

Marjorie Pouzadoux Bokobza est Directrice Projet Innovation au sein du Groupe Prisma Presse et fondatrice de la communauté Les Intrapreneuses. Elle a créé le lab d’innovation Maison Eureka au sein de Prisma Press, une communauté ouverte à tous les salariés qui souhaitent innover au sein du groupe. Au micro de L’Ascenseur Podcast, le podcast des salariés qui font bouger les lignes, elle donne plusieurs conseils pour mener à bien un programme d’intrapreneuriat. Selon elle, il s’agit tout d’abord de veiller à faire porter le projet par la gouvernance pour que les salariés puissent se sentir soutenus. Elle conseille également de multiplier les foyers entrepreneuriaux dans l’optique de chercher la scalabilité. La serial intrapreneuse met en garde toutefois sur la difficulté à mettre en oeuvre ces initiatives.

Pour que le projet soit pérenne, il est primordial de définir un objectif clair du programme et de mettre en place des réunions régulières pour suivre le développement des projets internes. Pour faciliter ce suivi, les entreprises sont de plus en plus accompagnées dans la structuration du programme par un prestataire externe. Désormais, elles peuvent se reposer sur des initiatives telles que CreateRocks qui aide notamment les salariés d’Engie, Air Liquide, L’Oréal et France Télévisions à porter des projets au sein de leur entreprise et également Les Hacktivateurs, une association de “makers” dont l’ambition est de “libérer les énergies pirates (et bienveillantes)” et de “faire découvrir, promouvoir et encourager l’intrapreneuriat, le corporate hacking et l’intelligence collective.

Philippine SANDER

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