La maîtrise des coûts, le premier des leviers, la moins bonne des raisons

par La rédaction

Si l’entreprise cherche principalement à externaliser la fonction RH pour maîtriser ses coûts, l’efficacité de la démarche risque d’être remise en question. D’une part il n’est pas sûr que cette maîtrise soit réelle, du fait de l’existence de coûts cachés, d’autre part elle ne favorise pas un partenariat efficace avec le fournisseur et peut conduire à de mauvais choix, notamment en matière de suppression de compétences en interne.

 

« Les logiques économiques sont très souvent le premier levier de l’externalisation, pour autant, elles ne sont pas une motivation suffisante », pointe Olivier Parent du Châtelet, associé en charge des activités de conseil RH chez BearingPoint. Aujourd’hui en effet, du fait de leur volonté de réduire les coûts, les entreprises peuvent assez rapidement décider d’externaliser, « mais la maîtrise de l’externalisation n’est pas toujours au rendez-vous, parce que la relation entre l’entreprise et le fournisseur n’est pas suffisamment mature », constate-t-il.

 

L’absence de maturité, qu’il s’agisse de celle du client ou de celle du fournisseur, est soulignée par de nombreux experts du sujet. On parle de maturité de l’entreprise quand celle-ci sait ce qu’elle accepte de déléguer, quand elle a bien déterminé le périmètre de l’externalisation et quand elle a pris des engagements pour que le projet fonctionne, c’est-à-dire quand elle donne au prestataire les moyens de réaliser sa mission. Autrement dit, lorsque la motivation budgétaire ne prend pas le pas sur la réflexion organisationnelle et stratégique. S’agissant des fournisseurs, « on a peu de recul sur leurs activités », pointe Thomas Estadieu, directeur associé de ConvictionsRH, « les acteurs ayant de vrais engagements, de vrais suivis ne sont pas si nombreux. De plus, l’entreprise, quand elle externalise, cherche souvent un prix et en a donc "pour son argent", cette recherche du prix bas n’aide pas les fournisseurs à progresser ». On s’aperçoit en outre que l’entreprise ne gagne pas toujours d’argent en externalisant, « l’externalisation a un coût de transition et à la sortie », remarque-t-il. 

 

Par ailleurs, des calculs trop rapides, au sens ROI, conduisent les entreprises à supprimer les ressources qui ont été externalisées. « Or, comment, sur la paie par exemple, maîtriser et estimer la qualité de service du prestataire, comment contrecarrer ses éventuelles défaillances sans compétence paie en interne ? Il est nécessaire que l‘entreprise garde un minimum de compétences internes pour établir un bon niveau de dialogue avec le prestataire »,  préconise Olivier Parent du Châtelet.

 

Enfin, quand la réduction des coûts pousse l’entreprise à choisir le prestataire le moins cher, certaines externalisations – de la paie en l’occurrence – s’effectuent dans des pays à bas coût. Et ce peut être catastrophique comme en Pologne qui conjugue croissante forte et turn-over important ; comment le prestataire va-t-il dans ces conditions garantir la pérennité de l’activité et la qualité de service ?

 

Sophie Girardeau

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