La feuille de route du nouveau Premier ministre devrait influencer les politiques RH

par La rédaction

Avec le remaniement du gouvernement, le Premier ministre Jean Castex a dévoilé sa feuille de route avec pour objectif de relancer et de reconstruire l’économie, quel impact sur les politiques RH ?

Relocalisation, formation, écologie : voici les principaux termes qui vont guider le Premier ministre pour mettre en place le plan de relance voulu par Emmanuel Macron face à la crise économique et sociale post-Covid 19. « Le fait est que l’épidémie a changé la donne. La France se retrouve face à deux défis : la crise sanitaire, dont je souligne qu’elle n’est pas terminée et qu’elle nous oblige à rester très vigilants ; la reconstruction de notre économie et la protection des Français, en amortissant les impacts immédiats sur leur quotidien et en aidant à la survie des entreprises » explique ainsi Jean Castex, qui était jusqu’ici en charge de la coordination de la sortie progressive du confinement.

Le Premier ministre ne veut pas agir sur le court terme

Pour le nouveau chef du gouvernement, la ligne directrice du gouvernement sera de trouver des solutions pour les entreprises, l’innovation et l’industrie pour préserver des emplois sans toutefois penser uniquement à court terme. En effet, au-delà de la sauvegarde des emplois, l’important est de repenser à une « relocalisation, un maintien durable des emplois industriels et exposés à la concurrence internationale en France » tout en misant sur l’insertion. Le premier ministre a également insisté sur la « responsabilité sociétale » des entreprises dans le maintien de l’emploi. Avec la crise que nous venons de subir, les entreprises auront un rôle à jouer au niveau social et environnemental avec des bénéfices collectifs mais aussi en interne. Une politique RSE bien menée leur permettra d’améliorer leur image auprès du public, de motiver les collaborateurs et d’attirer de nouveaux talents.

Toujours dans l’idée d’agir sur le long terme, l’accent est mis sur le recrutement des contrats d’apprentissage. Ainsi, une aide exceptionnelle et importante au recrutement des apprentis jusqu’au niveau de la licence professionnelle va être mise en place pour toutes les entreprises, jusqu’à 5 000 euros pour un apprenti de moins de 18 ans et 8 000 euros pour un apprenti majeur.

Alors que le chômage risque d’augmenter dans les mois à venir, la ministre du Travail Élisabeth Borne va devoir mettre en place le plan massif pour l’embauche des jeunes alors que 700.000 nouveaux entrants sur le marché du travail sont attendus cet automne dans un contexte particulièrement difficile. Cette mesure comprendrait une aide à l’embauche sous forme de prime ou d’un allègement des cotisations sociales et représente une opportunité pour les entreprises qui vont avoir besoin de main d’œuvre pour relancer leur activité, notamment dans les domaines de l’industrie et des nouvelles technologies.

Les politiques RH doivent être en phase avec l’écologie

Les résultats des municipales ont mis en lumière que l’écologie n’était « pas une option, mais une obligation » affirme Jean Castex. Le Premier ministre entend ainsi travailler avec les acteurs locaux pour rapidement résoudre les problèmes de fuite dans les réseaux d’eau, d’artificialisation des terres, d’isolement thermique ou encore améliorer le bien-être animal. La nouvelle ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a insisté sur le fait que « le gouvernement travaillera dans les prochaines semaines à un plan de relance économique dont l’écologie devra être un moteur essentiel. »

Les actions que le gouvernement compte mettre en place devront être en phase avec l’intérêt de plus en plus croissant des français pour le développement durable et l’écologie. En plus des attentes citoyennes vis-à-vis de l’État, les jeunes générations de salariés expriment une forte volonté de rejoindre des entreprises dont les valeurs sont en phase avec leurs attentes.

Le défi pour les politiques RH est désormais de concilier les intérêts de l’entreprise et les attentes des salariés qui souhaitent agir pour la planète à leur échelle. Cela passe par 4 phases :

  • Informer l’ensemble des collaborateurs au sein de l’entreprise des bonnes pratiques, des bons gestes et des tendances en matière d’écologie
  • Identifier les pratiques durables à mettre en place et éviter les non durables
  • Concilier la vision « écologique » avec les contraintes organisationnelles
  • Créer un plan d’action afin d’éliminer de façon logique et réalisable toutes les activités néfastes

Développer des activités au niveau local

Le « pack » entre l’État et les collectivités territoriales devrait permettre à des entreprises locales de se positionner afin d’apporter des solutions opérationnelles rapidement pour répondre à la crise sanitaire, économique et sociale. Les premiers effets se voient déjà dans le Pays de la Loire avec un plan collectif de sortie de crise de 332 millions d’euros pour renforcer la trésorerie des entreprises mais aussi promouvoir auprès des jeunes les métiers qui recrutent dans la région. Le programme vise ainsi à protéger les plus fragiles, soutenir les territoires et les entreprises, accélérer en matière de santé et de croissance verte.

Dans cette recherche de solutions pour relancer l’économie tout en ayant une vision à long terme, le rôle des DRH, et de leurs politiques RH, sera primordial afin d’accompagner celles et ceux qui s’inquiètent pour leur avenir professionnel ou qui ont été concernés directement par la pandémie, déstabilisés par un mode de vie imposé et atteints dans leurs équilibres familiaux. C’est aussi le moment de rassembler les équipes autour de valeurs communes ayant du sens pour l’avenir, en misant bien évidemment sur le développement local et l’écologie mais aussi en insistant sur le bien-être au sein de l’entreprise afin de faire naître un élan de solidarité face à la crise qui s’annonce.

 
Clément KOLODZIEJCZAK

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