Et s’il en fallait peu pour être heureux… au travail ?

par La rédaction

Vous avez jusqu’au 31 janvier pour envoyer vos voeux, et l’année entière pour faire en sorte qu’ils se réalisent. « Cette année, je fais plaisir à mes salariés » : la bonne résolution pourrait devenir une responsabilité RH. Plus qu’une tendance, le bien-être des collaborateurs se révèle une volonté dans certaines entreprises et le moyen de lutter contre la crise, le stress et les conflits sociaux.

Quelques idées piochées en France et dans le reste du monde.

 
Fédérer et motiver ses collaborateurs
 
Une fois n’est pas coutume, parlons bien-être au travail. Qu’est-ce qu’une entreprise où il fait bon travailler ? C’est la question que se pose l’Institut Great Place to Work[1], une société de conseil en management basée aux Etats-Unis. Si la philosophie du prendre et faire plaisir au travail est plus ancrée Outre-Atlantique et dans le Nord de l’Europe, elle fait son chemin dans l’Hexagone. Pour l’institut américain, une entreprise où il fait bon travailler, est « une entreprise où les salariés font confiance à leur encadrement, sont fiers de leur travail, et se réjouissent d’avoir à travailler avec leurs collègues ».
 
En pratique, cette définition aboutit à des engagements, comme celui de FedEx, pour « une procédure équitable de traitement des plaintes des salariés », notamment concernant les discriminations. La société de conseil évoque une autre initiative, celle d’un hôpital de Floride, dont les employés soutiennent « un fond commun qui intervient en urgence pour combler les besoins d’argent des uns ou des autres ».
 
Des actions à l’échelle de la grandeur américaine. A la française, les initiatives Bien-Être au travail sont rapidement accolées, tradition oblige, aux plaisirs de la table, mais aussi à la relaxation.
 
L’agence de publicité parisienne BETC[2], membre du groupe Euro RSCG, a rejoint la mouvance « Great Place To Work » en 2008. L’enquête, un sondage en ligne auprès des salariés, préliminaire au programme d’actions mis en place, s’est conclue par un constat « auquel on s’attendait, avoue la DRH, surtout dans notre domaine. Nos collaborateurs veulent un environnement moins tendu. ». Rien de surprenant donc, mais la possibilité de « visualiser », poursuit Sophie de Gromard, le mal-être des collaborateurs. Et de trouver des solutions. « Dans une même équipe, se côtoient beaucoup de compétences et des personnes qui ne se connaissent pas réellement », explique-t-elle. Afin de « fluidifier la communication », l’agence organise des « Dîners entre nous ». Passée cette rencontre autour d’un repas, « on communique autrement, par mail ou au téléphone ». L’agence organise également des demi-journées « Open-Box », pendant lesquelles les managers se rendent disponibles aux salariés sans rendez-vous.
 
L’enquête de l’observatoire Samotrace sur la santé mentale au travail[3] a révélé que la source principale du mal-être naît d’un « déséquilibre entre efforts et récompenses ». Vient à l’esprit, la tradition du cadeau d’entreprises, aux fournisseurs mais aussi aux collaborateurs, qui reste occasionnelle, coûteuse – malgré la récupération de la TVA sur les cadeaux d’affaire – et pas forcément efficace quand un simple « Beau travail ! » justifié pourrait suffire. Encouragement et motivation du management font d’une entreprise « a great place to work ».
 
Réduire le stress
 
Et pourquoi pas une petite sieste entre deux dossiers à clôturer ? Morphée, déesse de la productivité (sic.), a trouvé sa place au Japon et, le temps d’une semaine dédiée à l’équilibre vie pro/vie perso, au rez-de-chaussée de BETC Euro RSCG. L’agence a mené l’expérience de la relaxation au travail et invité ses salariés « au calme et à la sérénité » dans un espace aménagé pour l’occasion avec des rideaux blancs, une musique douce, des matelas agrémentés de coussins, une couverture douillette.
 
« La société s’accélère. On veut plus, plus vite, mieux, analyse la DRH. Le temps est devenu la plus précieuse donnée. Mais nous sommes juste des êtres humains et n’avons pas connu de changements biologiques ». Inutile de lutter contre ce fait, d’essayer de ralentir le mouvement. « Personne ne le peut. Il va falloir s’adapter », dit-elle. Et d’ajouter, « les personnes qui travaillent avec nous sont nos outils de production. Il ne faut pas les cramer ».
 
Pour gérer le stress, il faut en comprendre les mécanismes. C’est pourquoi, pendant cette semaine spéciale, les salariés de l’agence se sont vus proposer des conférences sur le sommeil, la santé, la forme, « avec des exercices pratiques de respiration, de concentration »… et même des cours de chant et de flamenco. « Tout le monde a joué le jeu, côté salariés et dirigeants. Nous sommes tous convaincus que le bien-être favorise le bon travail ».
 
Plus qu’un effet de mode, une prise de conscience et un coup de pub. En cette période de crise et de conflits sociaux, il est vendeur de montrer, ostensiblement, qu’une entreprise fait plaisir à ses salariés. En novembre dernier, l’opérateur marseillais de téléphonie, spécialisé dans le service auprès des PME, Futur Telecom, annonçait son partenariat avec la société Befruits : « Nous offrons des fruits à nos salariés », insistant sur le fait que les paniers hebdomadaires sont mis à disposition « gracieusement » et « tout au long de la journée ».
 
Sophie de Gromard parle de « révolution culturelle », difficile à mettre en marche mais, à en croire sa déclaration – « J’ai la chance d’être dans une entreprise qui prend le sujet à bras le corps » – qui vaut la peine d’être menée.
 
Typhanie Bouju
 

 


[3] L’Enquête a été réalisée, entre 2006 et 2008, auprès de 6000 salariés tous secteurs confondus et mobilisé 120 médecins du travail dans les Régions Centre, Poitou Charente et Pays de la Loire.

 

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