CV pastiche : copier n’est pas tricher

par La rédaction

Il fallait être le premier à y penser ! Mis en ligne entre 2004 et 2009, les CV Google, MSN, Twitter ou encore Iphone inspirent eux-mêmes aujourd’hui d’autres imitateurs en recherche d’emploi. Qui se cache derrière ces initiatives ? Ont-elles porté leurs fruits ?

Retour d’expériences avec deux des pionniers du CV pastiche interactif.

 
Profils
 
Jeune diplômé ou jeune actif, Bac+5, environ 25 ans, avec un fort intérêt pour les voyages et – cela va de soi – pour les nouvelles technologies. La description siérait à chacun de ces explorateurs de la candidature New Age.
 
Thomas Tessier, à qui l’on doit le CV Iphone[1] est titulaire d’un Master en système d’information et de contrôle, a étudié un semestre en Suède et occupe le poste de Développeur Web aux Etats-Unis (selon les dernières informations publiées). Anthony Roussel, un Master pro Génie Logiciel en poche, et son « CV en 22 Tweets »[2] sont localisés à Bangkok.
 
Thomas Hauchecorne et Guillaume Legendre, Messieurs Google[3] et MSN[4], ont, quant à eux, partagé les bancs de la même école, l’ISC Paris. Le premier s’est envolé aux Etats-Unis pour un voyage d’études et en Allemagne pour un stage ; le second vers la République Dominicaine et le Canada. C’est justement dans le cadre de leur cursus qu’ils ont trouvé l’inspiration.
 
« Nous devions réaliser un site web pour mettre notre CV en avant », se souvient Guillaume Legendre. Sujet libre, opération réussie pour les deux camarades. « Surtout pour Thomas ! », ajoute le père du CV MSN. Alors en immersion chez un célèbre constructeur automobile, Thomas Hauchecorne reste modeste : l’élaboration de son Google Curriculum était surtout un moyen « de pallier l’ennui du stage de fin d’études ». A l’époque, le moteur de recherche prenait toute l’ampleur qu’on lui connaît aujourd’hui. « Tout le monde en parlait. Il sortait un service par semaine et venait de lancer sa propre messagerie », analyse l’heureux imitateur, aujourd’hui Chef de produit Web-social et jeux chez Eurosport.
 
Comme des trophées, souvenirs d’une « autre époque », leurs CV sont toujours en ligne mais ne sont plus d’actualité. « Attention, je ne cherche plus de stage », plaisante – pour insister – Guillaume Legendre, désormais directeur e-business chez Reed Exposition France. Une actualisation ? Ils y pensent, sans vraiment trouver le temps, même d’y réfléchir. « Mon CV MSN était adapté à la dynamique de ma situation. Je ne sais pas s’il serait adapté au type de poste que je rechercherais aujourd’hui », répond l’ancien de l’ISC. Et de préciser : « MSN est une application dépassée ».
 
Plus de buzz que de boss
 
Au départ, pour Thomas Hauchecorne, « ce n’était qu’un jeu ». Il fut surpris des retombées et de leur rapidité. « Quand j’ai terminé la mise en ligne, je suis allé sur un site de référencement et j’ai ouvert un fil de discussion », raconte-t-il. En une nuit : 3000 visites. « C’était la grande époque de la blogosphère, le début du marketing viral », commente-t-il. Son CV voyagera, pour sûr, jusqu’en Grèce et en Pologne, peut-être même au-delà. Il enregistre « des pics à 7000 visites/jour », poursuit-il, sur un ton encore étonné. Puis des sites d’emploi s’y sont intéressés, la presse papier et la télévision. D’autres ont eux un succès moindre. Anthony Roussel se lançait le challenge : « Si à 10 000 followers, tu n’as pas trouvé de job, tu as raté ta vie ! ». Sa page affiche 716 abonnés. L’histoire n’en dit pas plus.
 
Guillaume Legendre a reçu plusieurs messages « pour des activités annexes et des demandes d’information sur mon stage en République Dominicaine ». Rien à signaler côté recrutement. Il compte parmi ses contacts Viadeo, des personnes qui l’ont repéré via son CV MSN. « Mais mon emploi actuel n’est pas venu par ce biais-là », précise-t-il.
 
Le CV Google a suscité l’intérêt de plusieurs start-up et entrepreneurs. Mais c’est par sa viralité qu’il a aboutit à une opportunité. « J’ai rencontré d’autres bloggeurs, parmi lesquels mon premier patron », explique Thomas Hauchecorne. Il avait également reçu un mail du directeur de Google France… classé sans suite.
 
Faire dans l’originalité mais connaître ses classiques
 
Si la palme de l’originalité, jusque dans le détail, revient au CV Google, il est aussi le plus complet. Thomas Hauchecorne a emprunté toutes les fonctionnalités du moteur de recherche, du CV Map aux messages glissés dans les adresses de liens publicitaires. A la place du bouton « Rechercher », la possibilité de télécharger le PDF de son CV : pratique pour le recruteur.
 
Aujourd’hui de l’autre côté de la barrière et adepte de la candidature classique, Thomas Hauchecorne n’a jamais reçu de CV pastiche et avoue : « Le candidat se fait plus plaisir qu’il ne fait plaisir au recruteur. Il est quand même plus facile et plus rapide de passer en revue une pile de CV ».
 
Malgré toute sortie des sentiers battus, il faut savoir rester efficace, concis et complet, ne jamais perdre de vue l’objectif de la démarche : obtenir un entretien. Chacun des 4 CV ici évoqués reprend les repères de la candidature classique, avec des onglets ou des boutons intitulés selon les rubriques traditionnelles : expériences, formation, compétences et contact. Par ailleurs, le CV en ligne, pastiche ou même vidéo, « ne doit pas être un substitut mais un complément du CV traditionnel », avertit le tout nouveau Chef de produit Eurosport.
 
Un dernier conseil des deux pionniers à ceux qui voudraient tenter l’expérience : la clé du succès réside dans le référencement.
 

 

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