Bien-être : Des salariés traités en châtelains

par La rédaction

Un château pour lieu de travail, avec ses hectares de bois aménagés, une conciergerie, une salle de sport, un blog tenu par le directeur général et bientôt une crèche, la société SAS France, éditrice de solutions informatiques décisionnelles, ressemble à un véritable laboratoire de services aux salariés. Inspiré par le siège américain du groupe, « un campus à la Google », le responsable RH de la filiale française décline dans ses projets la vision humaine du PDG de SAS, James « Jim » Goodnight.

 

Le blog du DG

A son arrivée à la tête de SAS France, il y a un an et demi, le directeur général a lancé l’idée d’un blog sur lequel il s’adresserait directement à tous ses collaborateurs. L’initiative rencontre aujourd’hui un vif succès puisque les questions vont bon train et ne restent pas sans réponse. « Ce blog est un réel terrain d’expression. Le directeur général répond lui-même à toutes les questions. Ce blog est la preuve que nous sommes capables de communiquer, même à distance », se félicite le RRH de la filiale française, Sylvain Cotin. Si le siège de l’entreprise est basé à Grégy-sur-Yerres, d’autres bureaux sont implantés à Lyon, Nantes, Aix-en-Provence et Toulouse.
 
Le blog n’est évidemment pas le seul moyen d’échanger avec la hiérarchie, mais facilite un contact direct. « Il vient en plus des réunions trimestrielles sur l’avancée de la réalisation des objectifs. Ce n’est pas facile pour tout le monde de s’exprimer dans un amphithéâtre », poursuit le RRH. Sur le blog, chacun a droit de parole. « Le plus souvent, il s’agit de questions précises, d’ordre pratique ou technique sur le télétravail, la future crèche, le business ou encore la tenue vestimentaire », détaille Sylvain Cotin.
 
Si les messages des collaborateurs restent souvent anonymes, ce serait davantage par commodité technique. « Les collaborateurs sont logués lorsqu’ils posent une question, mais l’interface ne permet pas de signer en leur nom », explique le RRH. Chez SAS France, la crainte de la remarque acerbe n’existe pas, car les remarques elles-mêmes sont rares : Sylvain Cotin ne se souvient que d’un événement de ce type depuis l’ouverture du blog. « Nous partons du principe que plus on communique, mieux c’est », affirme-t-il.
 

Des équipements et des services sur site

« A force de pousser tous les jours la porte d’un château pour aller travailler, on ne s’en rend même plus compte », plaisante le RRH. Une situation immobilière pourtant exceptionnelle, qu’il reconnaît volontiers, notamment parce que SAS France en est propriétaire. Cette réserve foncière permet à l’entreprise de projeter et de réaliser de nombreuses constructions, d’une salle de sport, à l’aménagement des bois, à la future crèche de 10 berceaux. Un projet sur lequel Sylvain Cotin travaille depuis 2 ans et proche de la concrétisation. « Le siège, en Caroline du Nord, est un véritable campus avec une crèche de 200 berceaux, une école qui accueille des élèves jusqu’au secondaire, une salle de sport, énumère Sylvain Cotin. Jim Goodnight place l’humain au centre de l’entreprise et décline ce modèle dans toutes ses filiales du monde ».
 
A Grégy-sur-Yerres, la conciergerie existe depuis environ 3 ans. « Au départ, nous avions un concierge à demeure », précise le RRH, qui faisait office de pressing, de cordonnerie et fabrication de clés, et offrait la possibilité de commander bouquets et cadeaux ou encore un panier de légumes frais et bios. Aujourd’hui, certains de ses services ont disparu, d’autres sont devenus des télé-prestations. C’est le cas du pressing. « On passe commande sur le site, imprime le bon de prise en charge et dépose son linge sur des cintres électroniques », explique Sylvain Cotin. Le service de lavage auto rencontrerait peu de succès « car les salariés bénéficient pour beaucoup de véhicules de fonction », justifie le RRH. Le pressing compte une quinzaine d’utilisateurs réguliers, sur 150 personnes basées sur le site. « Nous allons relancer une campagne de communication sur le pressing et son système de cintres électroniques, afin de doubler, a minima, cet effectif », précise-t-il.
 
Les salariés du château ont également à leur disposition un court de tennis, « rénové il y a un an », ajoute Sylvain Cotin, ainsi qu’une salle de sport équipée de tapis de course, rameur, poids-altères et autres machines. « Le bois est aménagé en parcours pédestre. Beaucoup de nos collaborateurs y marchent à l’heure du déjeuner ; d’autres s’y entraînent à la course », complète le RRH. Plusieurs des salariés sont de vrais sportifs de compétition.
 
Tout est fait pour permettre aux collaborateurs, une population composée à 90% de cadres, d’associer au mieux leurs temps de vie professionnel et personnel. L’entreprise travaille également sur la mise en place d’une charte du télétravail, afin de développer cette pratique pour les salariés qui le souhaitent
 

Quel retour sur investissement ?

« Au sens cartésien, il n’est pas évident de parler d’un retour sur investissement pour ce type d’initiatives. Il faut sortir de cette recherche », affirme le RRH. Pour lui, il existe bien un retour, « positif », précise-t-il, qui ne se calcule pas mais se mesure en termes de reconnaissance sur le marché, d’attrait et de maintien des compétences. Une philosophie de la motivation par le bien-être des collaborateurs qui va de paire avec une course aux labels. Cette année, SAS cumule le label Top Employeur avec le Great Place To Work et le Best WorkPlace Europe. « Ces labels ne sont peut-être pas tangibles pour un directeur financier, mais cette reconnaissance de nos pratiques RH est vue sur le marché, permet de recruter plus aisément, de fidéliser nos collaborateurs, d’échanger avec les autres entreprises sur les meilleures pratiques et donne envie de faire toujours mieux », poursuit Sylvain Cotin.
 
Reprenant l’exemple de la crèche, il insiste sur l’enthousiasme de ses collaborateurs à la seule évocation du projet. « Ce n’est pas nous qui avons créé le besoin », ajoute-t-il. Et s’il évolue, la crèche fera de même ; ils multiplieront le nombre de berceaux. Quant aux entraînements sportifs, ils participent à l’esprit corporate et permettent de mettre l’entreprise en valeur lors d’événements de renom, que ce soit auprès de futurs clients comme de potentiels talents. Ils ont participé à la Course du Cœur, en faveur du don d’organes. « Nos collaborateurs se sont mobilisés pendant 4 jours et 3 nuits pour relier Paris à Bourg-Saint-Maurice », se réjouit le RRH. Les salariées se préparent à courir La Parisienne ; d’autres le prochain Paris-Versailles et les Foulées de Vincennes. Le Directeur Général a également affirmé sa volonté de lancer une équipe sur le marathon de New-York en 2012. De quoi donner une raison supplémentaire aux salariés de s’entraîner dans les bois et la salle de sport du château.

 

  Typhanie BOUJU

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