Alcool, cannabis, cocaïne,…et toi tu prends quoi au boulot ?

par La rédaction

A la question, le milieu professionnel est-il directement concerné par les conduites addictives ? La réponse est désormais oui, car la consommation de drogues y évolue comme dans la société. C’est-à-dire ? En augmentant ! En juin 2010, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) et le ministère du Travail lançaient un pavé dans la mare en organisant des assises nationales consacrées à la problématique « Drogues illicites et risques professionnels ». Depuis la rumeur n’a cessé d’enfler. Alors, l’entreprise, nouvel eldorado des substances psychoactives ? A bien y réfléchir, c’est plausible.

 

Aujourd’hui, les experts s’accordent sur un point : la consommation de drogues augmente en milieu professionnel et rend, en tout logique, la gestion des risques de plus en plus complexe. Pourtant, aucune étude épidémiologique n’a pour le moment était conduite et ne permet de quantifier précisément l’usage de drogues illicites parmi la population active.

A ceci près que le Baromètre santé 2010 – mené par l’INPES* auprès de 27 000 personnes âgées de 15 à 85 ans – consacre pour la première fois, un volet aux consommations de substances psychoactives en milieu professionnel. Les résultats montrent qu’aucun secteur n’est épargné.

Néanmoins, les usagers de substances psychoactives varient selon le secteur d’activité : certaines professions sont plus touchées que d’autres comme le BTP, la restauration, les médias ou encore les personnels dirigeants. Ainsi, les consommations d’alcool ponctuelles importantes mensuelles (ndlr : avoir bu au moins 6 verres en une occasion au moins une fois par mois)  sont fréquentes dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche (30 %), plus d’un tiers dans la construction et 26,9 % dans l’hébergement et la restauration.

Le cannabis est plus fréquemment consommé dans la construction (13 %), mais aussi dans l’hébergement et la restauration (12,9 %) et de manière encore plus prononcée dans les arts et spectacles avec 16, 6 % de consommateurs dans l’année.

 

La cocaïne : 2ème drogue la plus consommée

Mais la grande nouveauté, c’est l’émergence de la cocaïne qui arrive à la deuxième place des produits illicite les plus consommés en effectuant une percée dans certains secteurs d’activité comme le confirme François Beck, Responsable du Département « Enquêtes et analyse statistiques » à l’INPES : « Concernant les autres drogues illicites telles que la cocaïne, ecstasy, poppers, champignons hallucinogènes, il apparaît que les milieux de la restauration, de l’information/communication et des arts et spectacles sont particulièrement consommateurs ».

Et quand on l’interroge sur les raisons de cette « Drugmania » qui s’empare de l’entreprise, il répond que « la consommation de substances psychoactives renvoie à des dimensions culturelles, à la socialisation professionnelle liée à un produit (par exemple, l’alcool) mais traduit aussi parfois une souffrance au travail. La substance devient alors une béquille susceptible d’aider l’individu en recherche de performance, par exemple ».

 

Drogue = problèmes au travail ?

La consommation de drogue serait-elle la résultante de problèmes liés à l’environnement de travail ? Pour « mieux » supporter sa vie ou améliorer ses performances ?« Plus du tiers des fumeurs réguliers (36 %), 9,3 % des consommateurs d’alcool et 13,2 % des consommateurs de cannabis déclarent avoir augmenté leurs consommations du fait de problème liés à leur travail ou à leur situation professionnelles, au cours des 12 derniers mois », précise François Beck avant d’ajouter que « la consommation d’alcool sur le lieu de travail (hors repas et pots) concerne 16,4 % des actifs occupés ». La leçon à tirer de ces résultats ?

Sûrement que dans les prochaines années, la question « des drogues illicites et risques professionnels » va agiter de plus en plus la vie de l’entreprise et susciter un besoin de repères, afin de prévenir l’usage de ces substances psychoactives.

Car il en va non seulement de la santé des salariés mais aussi de leur sécurité au travail et plus largement de la pérennité des performances des organisations.

« Ce que nous ne savons pas encore mesurer, c’est combien de personnes ont subi des accidents du travail alors qu’elles étaient dans des états d’imprégnation ? », indique Etienne Apaire, Président de la MILDT** avant de conclure « Nous devons persévérer pour affiner les connaissances car nous sommes encore au début de nos recherches sur ce sujet qui était encore il y a peu de temps, un tabou au sein de l’entreprise » .

 

Emilie VIDAUD

 

*Institut national de prévention et d’éducation pour la santé

**Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie

 

 

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