Aides au logement : les entreprises ont les moyens

par La rédaction

 

3,5 millions de mal logés en France selon les derniers chiffres publiés par la fondation Abbé-Pierre. Les salariés ne sont pas épargnés par la crise du logement. Au contraire. Certains bossent, et le soir, dorment dans des campings, ou pire, dans leur voiture sur des parkings. Pour limiter la casse mais aussi pour attirer et fidéliser leurs collaborateurs et participer à leur bien-être, les entreprises se mobilisent sur le sujet du logement. Au delà de leur obligation de cotiser à hauteur de 0,45 % de leur masse salaire à Action Logement (ex 1 % logement), certains se portent caution auprès des propriétaires, d'autres aident au financement, ou proposent directement des logements à leurs collaborateurs . Zoom sur ces pratiques immobilières.

 

Le plus classique : proposer de se porter caution à la place du salarié. Un bon moyen de favoriser l'accès des collaborateurs au marché privé de la location immobilière. Certaines entreprises vont même plus loin en souscrivant une assurance des risques locatifs pour le compte de propriétaires bailleurs. Objectif : inciter ces derniers à louer leur bien aux salariés de l'entreprise.

 

Le plus impliquant : cette fois, l'entreprise loue des logements qu'elle sous loue ensuite à ses salariés moyennant des loyers plus accessibles que ceux du marché locatif standard. Davidson Consulting a pour sa part acheté et rénové une grande bâtisse à quelques encablures de son siège social de Clamart (Hauts-de-Seine). Ainsi, en décembre dernier, le cabinet de conseil en management a inauguré le « campus Davidson », soit 7 appartements (de 16 à 29 m2) proposés à des nouvelles recrues pour un loyer modéré. De 20 à 25% en dessous des prix du marché. Des espaces de vie communs et des équipements (télévision, buanderie, barbecue, etc) sont accessibles pendant un an maximum. Un bon moyen de mettre le pied à l'étrier pour les jeunes recrues.

 

Le plus financier : sur ce terrain, deux types de pratiques cohabitent : financer une partie des frais de notaire des salariés acquéreurs. Ou prendre à son compte, partiellement, les intérêts d'emprunt immobilier à la charge des salariés. Ces deux pratiques sont évidemment davantage l'apanage des grandes structures que des PME.

 

Le plus social : pour renforcer l'attractivité de leur territoire en facilitant la mobilité géographique des demandeurs d'emploi et des salariés, certaines régions, associées à des acteurs économiques locaux, proposent des logements et des offres d’emploi. L’Auvergne a par exemple lancé en partenariat avec ces entreprises comme Michelin, Allianz, mais aussi ERDF ou Banque Populaire Massif Central, l'opération « New Deal ». Le temps de la période d'essai, la collectivité offrait le financement d'un logement à hauteur de 500 euros par mois aux nouveaux embauchés. Une solution gagnante gagnante.

 

Sylvie Laidet

 

Encadré

La Poste : viens chez moi j'habite chez le facteur

Parmi les 260 000 postiers, tous n'ont pas les moyens de se loger dans la région où ils exercent. Notamment en zone urbaine. Et ce phénomène, jusque là très typique de la région parisienne, est en train de gagner du terrain en Rhône-Alpes et en région PACA. Du coup, l'entreprise s'adapte. « L'hébergement en foyer durant maximum 18 mois, très longtemps réservé aux apprentis du groupe, est désormais ouvert aux jeunes embauchés et aux collaborateurs en formation ou en mobilité », explique Philippe Saillard, délégué au logement du Groupe La Poste. En 2013, les foyers franciliens ont accueilli plus de 800 résidents. « Ce dispositif est avantageux car pour le prix d'une chambre de bonne, ils disposent d'un studio de qualité rénové », ajoute-t-il. Le service logement rattaché à la DRH de La Poste sert également d'interface entre l'offre de logements et la demande. Via Action logement, les postiers peuvent bénéficier d'un Le groupe, réputé pour sa politique sociale, aide également ses collaborateurs à accéder à la propriété. Pour cela, deux dispositifs cohabitent. D'abord, des prêts bonifiés pour le personnel avec des taux d'emprunt inférieurs de 15 à 20 % aux taux « publics ». « Depuis 3 ans, nous accompagnons nos collaborateurs dans l'accession sociale à la propriété via des parcours fléchés vers des programmes neufs ou grâce à des prêts pass « surbonifiés » par l'entreprise », commente le délégué au logement. Enfin pour un avenir proche, La Poste entend surfer sur la plan de transition énergétique. « Nous travaillons avec l'ANAH pour voir comment les postiers et les retraités de la Poste à accéder aux dispositifs de subvention en vigueur », conclut-il.parc d'une dizaine de milliers de biens en location. « De plus, nous disposons d'une offre patrimoniale de 14000 logements via notre filiale Toit et Joie. Une partie du parc est réservée aux postiers », précise Philippe Saillard. L'an passé, près de 2500 postiers ont eu accès à un logement social via leur employeur. Le partenariat avec Action Logement permet également à d'autres postiers de bénéficier de Loca-Pass ou du paiement du dépôt de garantie.

S. L.

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