La transformation des effectifs combinant êtres humains et intelligence artificielle n’est plus une hypothèse : elle est déjà en marche. De nombreux rapports prospectifs annoncent une généralisation de l’IA dans les organisations, souvent avec la même promesse : automatiser, accélérer, optimiser. Pourtant, comme le rappelle Cornerstone dans son dernier webinar, une question centrale demeure : que se passe-t-il lorsque tout le monde utilise les mêmes technologies ?
Dans ce contexte, l’IA peut devenir un facteur de standardisation plutôt que de différenciation. Or, dans un monde où le capital, la technologie et les données sont de plus en plus accessibles, ce sont encore et toujours les femmes et les hommes qui font la différence. Avec une pénurie de talents persistante et des compétences qui évoluent plus vite que les organisations, les RH se retrouvent au cœur d’un changement structurel majeur. C’est précisément ce que décrypte Cornerstone à travers 5 prédictions RH clés pour 2026.
Une fonction RH transformée par la collaboration, la donnée et les compétences
La première prédiction forte évoquée lors du webinar concerne le rapprochement stratégique entre les RH et les systèmes d’information. Selon Olivier Lagrée, « on ne peut plus imaginer la performance future sans une coopération étroite entre DRH et DSI ». Cette collaboration devient indispensable pour anticiper les compétences nécessaires, structurer l’organisation du travail et intégrer efficacement l’IA.
En 2026, les RH ne seront plus uniquement gestionnaires de postes, mais architectes de capacités. Cela implique un changement de paradigme : passer d’une logique centrée sur les organigrammes à une logique fondée sur les compétences. « La question n’est plus seulement qui occupe quel poste, mais quelles compétences sont réellement mobilisées pour délivrer la performance », souligne l’intervenant.
Cette évolution repose sur un enjeu majeur : la donnée RH. Le webinar met en lumière la nécessité de données homogènes, sécurisées et partagées. Aujourd’hui, de nombreux collaborateurs se disent prêts à transmettre davantage d’informations sur leurs compétences, leurs aspirations ou leurs modes de travail, mais regrettent que ces données soient peu exploitées. Pour les RH, l’enjeu en 2026 sera donc double : collecter mieux et utiliser plus intelligemment ces données afin de favoriser la mobilité, l’engagement et l’employabilité.
Des effectifs hybrides et une nouvelle composition des équipes
La troisième prédiction RH marque un tournant dans la manière de concevoir les effectifs. En 2026, les équipes seront de plus en plus hybrides : salariés en CDI, collaborateurs à temps partiel, freelances, intérimaires, partenaires externes… et agents IA. « La performance ne viendra plus uniquement des personnes que l’on emploie, mais aussi de celles avec lesquelles on collabore », explique Olivier Lagrée.
Cette hybridation impose aux RH de repenser la planification des effectifs, mais aussi les modes de management et d’animation. Manager une équipe hybride suppose de nouvelles pratiques : intégrer des profils externes, maintenir l’engagement, créer un sentiment d’appartenance même sans lien contractuel classique. Comme cela a été évoqué durant le webinar, certaines organisations vont jusqu’à animer de véritables communautés de talents, inspirées des plateformes de freelances, afin de fidéliser ces ressources clés.
À cette hybridation des statuts s’ajoute une hybridation des compétences. Les métiers évoluent rapidement sous l’effet de l’IA : les compétences techniques et non techniques s’entremêlent. « Chaque poste devra comprendre à la fois la technologie et le sens », rappelle l’intervenant. Les RH auront donc un rôle central pour accompagner cette montée en compétences, notamment sur des dimensions comme la créativité, la coopération ou l’esprit critique.
L’apprentissage continu au cœur des priorités RH
Enfin, la cinquième prédiction RH met l’accent sur l’évolution des pratiques de formation. En 2026, l’apprentissage ne sera plus un moment à part, mais une composante intégrée du travail quotidien. Le concept de learning in the flow of work s’impose : apprendre au moment où le besoin se fait sentir, directement sur son poste de travail.
« L’apprentissage doit venir à l’utilisateur, et non l’inverse », explique Olivier Lagrée. Les outils digitaux, les assistants IA et le coaching entre pairs joueront un rôle clé pour rendre la formation plus fluide, plus personnalisée et plus efficace. Pour les RH, cela implique de repenser les dispositifs existants et de mesurer la performance non plus uniquement lors d’entretiens annuels, mais de manière continue.
Les RH comme levier stratégique de différenciation
À l’horizon 2026, la fonction RH s’impose plus que jamais comme un levier stratégique. Dans un monde où l’IA devient omniprésente, la différenciation ne viendra pas uniquement de la technologie, mais de la capacité des organisations à révéler et développer le potentiel humain. Comme le résume le webinar Cornerstone, « l’IA accélère, mais ce sont les compétences humaines qui orientent ».
Pour les RH, l’enjeu est clair : anticiper, structurer et accompagner cette transformation profonde des effectifs afin de construire des organisations plus agiles, plus engagées et durablement performantes.

