L’intelligence artificielle, IA, déchaîne les passions depuis quelques années. En particulier dans l’environnement des entreprises et de la fonction RH où s’entremêlent mythe, réalité et responsabilité.
Quels usages de l’IA apportent réellement de la valeur aux recruteurs ? Où placer la limite entre aide à la décision et automatisation excessive ? Et quel rôle les éditeurs RH doivent-ils jouer pour éviter les dérives ?
Dans ce nouvel épisode de HR Tech Stories, le podcast RH produit par myRHline, Christophe Patte reçoit Marion Pageot, dirigeante d’Altagile, pour discuter de l’usage de l’IA dans le recrutement et de la responsabilité des éditeurs dans son encadrement.
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L’IA un outil qui n’a pas le pouvoir de décider
Dans l’épisode, Marion Pageot ne part pas de la technologie, mais d’un constat terrain : l’IA s’impose dans les outils de recrutement, souvent sans que les équipes aient réellement choisi ce qu’elles acceptent de lui déléguer.
Chez Altagile, l’IA est donc pensée comme un levier d’aide, pas comme un mécanisme de tri automatique. L’usage reste à la main des utilisateurs qui décident si oui ou non ils souhaitent l’utiliser puisqu’elle intervient pour élargir le champ d’analyse, structurer l’information et faire gagner du temps sur des tâches précises — rédaction d’annonces, synthèse de candidatures, mise en cohérence des compétences — sans jamais produire une décision à la place du recruteur.
Cette frontière est volontairement assumée. Pas de présélection entièrement automatisée. Pas de shortlist imposée. Pas de refus envoyé sans regard humain. Même lorsque la technologie le permet, ces usages sont écartés, car ils déplacent la responsabilité sans que le recruteur n’en ait pleinement conscience.
Derrière cette ligne, une question traverse tout l’échange : à partir de quand l’IA n’aide plus à décider, mais décide à la place ? Et que reste-t-il du métier lorsque l’évaluation se réduit à des scores, des filtres et des classements automatiques ?
Le rôle clé des éditeurs RH dans l’encadrement de l’IA
L’épisode met en évidence une responsabilité rarement interrogée : celle des éditeurs RH dans la manière dont l’IA est réellement utilisée sur le terrain. Les choix faits en amont — ce qui est proposé, activable ou volontairement exclu — structurent durablement les pratiques des recruteurs.
Cette responsabilité se traduit par des choix très concrets. Où sont hébergées les données. Quelles briques d’IA sont proposées, et lesquelles ne le sont pas. Jusqu’où l’outil accompagne le recruteur, et à partir de quel point il s’efface.
Dans l’épisode, Marion Pageot explique pourquoi certaines limites sont posées en amont, indépendamment des possibilités techniques. Non pas pour freiner l’usage de l’IA, mais pour éviter qu’elle ne devienne un filtre opaque, difficilement explicable aux équipes comme aux candidats.
Ce positionnement prend tout son sens lorsqu’il s’agit d’anticiper l’impact de l’IA sur les métiers RH. Certaines tâches évoluent ou disparaissent, en particulier en début de carrière. Pour Marion Pageot, le sujet n’est pas la perte de missions, mais le déplacement du métier vers ce qui crée réellement de la valeur : compréhension des parcours, mobilité interne, développement des compétences et relation candidat.
Derrière ces choix, une question traverse l’échange : jusqu’où un éditeur peut-il aller sans orienter, voire imposer, une manière de recruter ? Et comment encadrer l’IA sans appauvrir le rôle du recruteur ni standardiser la relation humaine ? Éléments de réponse dans ce nouvel épisode du podcast HR Tech Stories.

L’invitée HR Tech Stories