Réduire son empreinte carbone : limiter les déplacements professionnels

par La rédaction

En 2019, les salariés français parcouraient en moyenne 400 kilomètres chaque semaine et ils passaient environ dix heures par semaine à se déplacer. La crise sanitaire et l’obligation au télétravail offrent l’opportunité de limiter les déplacements professionnels et d’accélérer la transition écologique des entreprises. Le projet de réduire son empreinte carbone peut s’articuler autour de deux usages : les trajets quotidiens et les déplacements professionnels ponctuels. Les RH peuvent orchestrer l’éducation des collaborateurs et la mise en place de mesures visant à embarquer l’ensemble de l’entreprise dans cette mission RSE. Ainsi, limiter ses déplacements professionnels peut devenir une posture à la fois écologique, économique et humaine

 

Les aides aux déplacements professionnels 

Dans le cadre d’un effort sur l’ensemble du territoire français, la mise en place du Forfait mobilités durables vise à réduire son empreinte carbone par l’allocation d’une enveloppe financière pour l’utilisation des transports doux. Les aides couvrent : 

  • le remboursement des frais de covoiturage engendrés par le conducteur et le passager,
  • la participation à la moitié des frais de transports en commun, 
  • la prise en charge des frais de carburant, 
  • l’aide à l’acquisition d’un vélo ou d’une trottinette électrique, 
  • l’entreprise bénéficie alors d’une exonération de charges sociales. 

Ces mesures encourageantes contribuent à réduire son empreinte carbone au quotidien. En revanche, dans le cas d’événements ponctuels, le recours aux transports de longue distance tels que le train et l’avion restent monnaie courante ; ceci pour uniquement quelques heures de travail sur place parfois. Comment limiter ce type de déplacements professionnels ? 

Transition écologique et politique de proximité 

La crise sanitaire a poussé les collaborateurs à prendre de nouvelles habitudes par l’imposition du travail à distance. N’oublions pas que le télétravail présente un avantage à la fois écologique et financier pour l’entreprise. Les visioconférences et les outils collaboratifs numériques permettent non seulement de maintenir un haut niveau d’efficacité de chez soi, mais aussi de faire des économies tout en réduisant l’impact environnemental de l’entreprise. Car limiter les déplacements professionnels équivaut à moins de notes de frais. Par delà la transition écologique de l’entreprise, réduire son empreinte carbone présente également des avantages économiques. 

 

Les événements ponctuels 

Les séminaires, conventions et formations sont générateurs des déplacements. Organiser les événements ponctuels à proximité permet de réduire son empreinte carbone et de faire des économies en évitant de défrayer les collaborateurs. Encore mieux, l’entreprise peut donner la possibilité de participer à l’événement par visioconférence

 

La pause déjeuner

Selon la taille de l’entreprise, des partenariats avec des services de livraison de repas sont possibles et avantageux. Une offre alléchante peut aussi limiter les petits déplacements quotidiens effectués en voiture et faire gagner du temps aux collaborateurs à la pause déjeuner. 

 

Les véhicules de service

Un temps symbole de prestige, l’usage de la voiture de service doit emboîter le pas de la transition écologique. On peut penser au partage de la flotte de véhicules entre collaborateurs et un suivi de la consommation par des cartes de carburants. Fini les véhicules attitrés et cela s’applique aussi aux membres du Codir !

 

Les circuits courts 

Il est grand temps d’éduquer les collaborateurs sur les avantages d’un circuit court. Privilégier les collaborations et partenariats avec des acteurs à proximité permet de limiter les déplacements et d’en diminuer la distance quand ils sont obligatoires. Un défi carbone mensuel fait réfléchir sur l’impact écologique de ses déplacements professionnels habituels. Après un premier mois d’évaluation des besoins de chacune des équipes, on récompense les efforts pour réduire son empreinte carbone sur le mois suivant. 

Enfin, dans le cadre d’une décentralisation des sites, le nouvel emplacement doit être desservi par des transports en commun. Consultez votre data RH, où vivent vos salariés ? Identifiez-vous des localités privilégiées ? Comment pouvez-vous coordonner les transports doux et le covoiturage entre les différents sites ? 

Télétravailler pour réduire son empreinte carbone

Limiter les déplacements professionnels de manière durable demande une réorganisation du travail. Les RH et des managers sur le terrain peuvent travailler ensemble à évaluer la faisabilité du télétravail s’il n’est pas déjà mis en place et revoir les processus dans ce sens. Si les avantages du télétravail sont bien connus, on peut se les remémorer : 

  • le gain de temps sur sa vie personnelle,
  • la possibilité de décrocher plus tôt une fois ses missions de la journée terminées et le respect du droit à la déconnexion,
  • la possibilité de déjeuner chez soi, à proximité ou se faire livrer un repas, le tout en utilisant les titres restaurants, 
  • l’amélioration des outils numériques pour une meilleure ergonomie et performance de travail. 

Attention, limiter les déplacements professionnels revient aussi à la culture d’entreprise et de mentalité. Si le télétravail libère du temps, l’économie en empreinte carbone ne justifie pas pour autant un “crédit” pour d’autres déplacements exceptionnels, parfois plus lourds en émissions carbones. Au lieu de monter dans l’avion pour aller participer à une convention annuelle, pourquoi ne pas envisager une participation par visioconférence ? Invitez les salariés participants à ce type d’événement à le faire en ligne et à réfléchir à présentation innovante de votre entreprise. 

 

L’aide au télétravail

Pour limiter davantage les déplacements professionnels, l’employeur peut proposer une aide au télétravail. Juridiquement, l’Accord national interprofessionnel (ANI 2005) s’applique à une grande majorité d’entreprises et indique que l’entreprise doit se charger des dépenses engendrées par le travail à distance. On peut penser aux communications, par exemple la souscription à un forfait internet plus puissant ou le besoin de s’équiper en logiciels ou en outils numériques. Il est aussi possible de délimiter les conditions d’une prise en charge des frais de télétravail par un accord collectif qui prendra le dessus sur l’ANI. 

 

Mesurer le résultat des actions pour réduire son empreinte carbone

Après une première étape de sensibilisation, les RH mettent en place des KPIs adaptés à l’activité pour mieux mesurer l’impact des actions. Voici quelques questions à se poser : 

  • Les salariés sont-ils bien informés des offres de transports doux ? Les processus de demande d’inscriptions aux services sont-ils efficaces ?
  • Quels problèmes pose le télétravail pour les collaborateurs ? Manquent-ils de matériel ?
  • Quelles sont les limitations du mode de travail à distance selon le type de mission ? Quelles améliorations apporter ?
  • Comment optimiser les processus de travail effectués à distance ? Les visioconférences se déroulent-elles avec fluidité ? 
  • Quelles autres actions peuvent venir encourager à limiter les déplacements professionnels ? 

Devenir acteurs tous ensemble de la transition écologique peut devenir l’une des missions fédératrices de l’entreprise et créer des synergies. Pour cela, il faudra développer une véritable politique à long terme et des actions mesurables adossées à la stratégie RSE de l’entreprise. Cela dit, il sera également question de montrer que limiter les déplacements professionnels peut contribuer au bien-être au travail de tout un chacun. 

 

Maï Trebuil

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