Les conséquences du coronavirus sur le chômage en France

par rh_dev

Alors que les beaux jours arrivent et que la situation épidémiologique s’améliore, les statistiques du chômage en France inquiètent. En effet, malgré les mesures d’aide, qui ont coûté 22 milliards d’euros à l’État, le nombre de chômeurs a rarement été aussi élevé.

 

Une année noire pour le chômage en France

Les derniers chiffres publiés par la Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques (Dares) indiquent que le nombre de demandeurs d’emploi est aujourd’hui d’environ 6 millions, un chiffre en hausse de 1,7% au mois d’avril (ce qui représente 65 000 inscrits supplémentaires).

 

Cette hausse, la plus forte observée depuis le début de la pandémie de COVID-19 s’explique par le nouveau confinement du mois d’avril, qui a surtout impacté les jeunes travailleurs. En effet, les mesures sanitaires, et notamment l’avancement des vacances scolaires, a pénalisé tous ceux qui travaillent dans le secteur de l’animation à destination des enfants et/ou des adolescents. En parallèle, le chômage partiel a également connu une hausse importante, de l’ordre de 13 % (pour un total passé de 2,4 à 2,7 millions de chômeurs).

 

En mettant ces chiffres en perspective avec ceux de l’année dernière, les raisons de s’inquiéter sont réelles. Même si les chiffres donnés par l’INSEE font état d’une baisse annuelle du taux de chômage en France, en 2020, pour un taux global de 8 %, la situation sanitaire a empêché de nombreuses personnes sans emploi de rechercher un nouveau travail et, donc, d’être prises en compte dans les calculs. Aux 2,4 millions de chômeurs « officiels », il faudrait ajouter 1,9 millions de personnes désireuses de retrouver un emploi.

 

Cette mauvaise nouvelle l’est d’autant plus que la situation pourrait empirer en 2021. En effet, pour la plupart des entreprises qui ont dû déposer le bilan à cause de la pandémie, les procédures de faillite sont en cours, et les employés ne sont pas encore « mathématiquement » au chômage. Et si de nombreuses procédures de sauvegarde de l’emploi sont en cours, elles n’aboutiront pas toutes. Autrement dit, les chiffres du chômage pourraient encore augmenter en 2021.

 

Une adaptation réussie de Pôle Emploi

En réponse à cette hausse du chômage en France, Pôle Emploi semble avoir bien négocié le virage du télétravail. Les conséquences en sont déjà visibles : durant cette période difficile, la disponibilité des conseillers et la continuité des rendez-vous semblent avoir renforcé les liens avec les demandeurs d’emploi qui se sont sentis suivis, accompagnés et non abandonnés. Certaines initiatives réalisées en dehors des agences, à Tourcoing, ont d’ailleurs contribué à développer ce sentiment.

 

En outre, le passage au travail à distance a permis aux conseillers de gagner en efficacité tout en incitant les demandeurs d’emploi à s’investir davantage. Les programmes d’accompagnement numérique déjà proposés ont dû être approfondis, afin que tous puissent faire face à la dématérialisation et qu’ils deviennent plus autonomes dans leur recherche d’emploi.

 

En fait, les décisions prises par le gouvernement semblent aller dans le bon sens, notamment en direction des publics les plus touchés, les jeunes et les chômeurs de longue durée. Après avoir engagé 2100 agents en fin d’année, il a décidé d’en dédier près d’un tiers à l’AIJ (Accompagnement Intensif Jeunes), un dispositif déjà existant pour les demandeurs d’emploi de moins de 30 ans. Les autres agents devraient permettre de faire face à l’augmentation du nombre d’inscrits mais aussi de mettre en place des procédures d’accompagnement spécifiques à la reconversion, le grand chantier des années à venir.

 

Des opportunités professionnelles réelles

Ces efforts pourraient réussir grâce la situation conjoncturelle. Outre l’hôtellerie et la restauration, qui ont fait entendre partout leurs besoins importants de personnels, d’autres secteurs ont plutôt bien traversé la crise. C’est évidemment le cas de la santé et des supermarchés, ainsi que de l’agroalimentaire, mais aussi du BTP et de l’e-commerce.

À titre d’exemple, le groupe Fnac-Darty a parfaitement tiré son épingle du jeu, enregistrant en 2020 une hausse de 10 % de ses ventes en lignes. Cette réussite lui a permis de recruter plus de 2000 personnes l’année dernière (CDI et CDD confondus), sur des profils très différents, aussi bien des livreurs que des techniciens.

Parmi les grands groupes qui se développent, il faut également citer la SNCF, qui a recruté près de 3000 personnes en 2020, et EDF. Pour renouveler ses effectifs et poursuivre son développement, le distributeur d’énergie compte faire encore mieux que les 15000 embauches réalisées en 2019 et en 2020.

Derrière les chiffres, le plus important est l’optimisme affiché par les chefs d’entreprise français : l’enquête réalisée par EuroGroup Consulting pour BFM Business auprès des 100 principales entreprises françaises indique que 70 % de leurs dirigeants sont confiants pour cette année 2021.

 

Eric Graziano

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