Emploi cadre : pas d’amélioration en 2010

par La rédaction

Selon lePanel Entreprises APEC 2010, aucune amélioration n’est à prévoir sur le marché de l’emploi cadre en 2010. Les jeunes diplômés seront en première ligne.

 

130 000 à 138 000 cadres devraient être recrutés, soit une baisse comprise entre -10% et -4% par rapport à 2009. Pour autant, le mouvement de baisse s’essouffle. En effet, l’année dernière la
chute a atteint 28%. Pour 2010, les entreprises des Services prévoient de recruter entre 90 500 et 99 000 cadres, soit une évolution comprise entre -8% et +1%. L’Industrie, secteur dans lequel les entreprises continuent pourtant à investir, subirait encore de plein fouet les effets négatifs des ajustements économiques. Les recrutements de cadres y régresseraient de -14% à -23%. Le Commerce et la Construction accuseraient quant à eux des baisses de même ampleur l’un et l’autre : entre -4% et -11%. Toutes les fonctions seraient affectées par la dégradation du marché sauf ses deux locomotives que sont les fonctions Commercial et Informatique, qui feraient de la résistance. La fonction Etudes, Recherche & Développement qui représenterait à elle seule 2 embauches sur 10 tirerait également son épingle du jeu. Enfin, ce sont les jeunes diplômés qui souffriraient le plus de la fragilité du marché et de l’attentisme des recruteurs.
 
Leurs embauches pourraient chuter de 20 % à 27%
 
Pour Eric Verhaeghe, Président de l’Apec « le marché de l’emploi cadre devrait atteindre son point bas en 2010, selon le modèle économétrique construit par l’Apec qui permet de faire des prévisions à 5 ans. Les prévisions de ce modèle sont plus optimistes pour cette année que celles livrées par les entreprises que nous avons interrogées. Ce sont 145 000 cadres qui devraient être embauchés. Puis, à partir de 2011, le volume des recrutements progresserait de manière régulière pour retrouver un niveau élevé à partir de 2012. Enfin, en 2014, les entreprises embaucheraient plus de 240 000 cadres, un niveau encore jamais atteint sur le marché ». « En 2010, ajoute-t-il, les jeunes diplômés seront affectés par la crise. Le volume prévisible de recrutements devrait être très insuffisant pour les 120 000 jeunes concernés. »
 
Un marché de l’emploi : pas d’amélioration en 2010 !
 
Selon les entreprises interrogées par l’Apec, aucune amélioration n’est à prévoir en 2010 sur le marché de l’emploi des cadres. Ainsi, elles ont prévu de recruter entre 130 000 et 138 000 cadres. La baisse tendancielle des embauches continue donc sur sa lancée. Certes, la diminution devrait être moins brutale que l’an dernier, mais ce sont plus de 10 000 opportunités en moins sur le marché par rapport à 2009. Au total, la baisse serait comprise entre -10% et -4%, contre -28% en 2009 (par rapport à 2008).
 
En ce qui concerne l’évolution des effectifs cadres, qui reflète le moral des entreprises, l’attentisme est de mise pour 2010. Ainsi 8% d’entre elles envisagent de l’accroître – soit 1 point de moins que pour 2009 – et 8% de le réduire – soit 1 point de plus qu’il y a un an. Le risque que la part des entreprises qui ont l’intention de diminuer les effectifs de cadres soit supérieure à celles qui envisagent de l’augmenter est important et traduit l’inquiétude latente des recruteurs.
 
Dans l’Industrie, la baisse importante des recrutements de cadres se poursuivrait. Et même si les entreprises maintiennent leurs investissements, ils ne suffisent pas à enrayer le mouvement. Au total, cette baisse se situerait dans une fourchette comprise entre -14% et -23%. Les deux autres secteurs fortement touchés seraient ceux de la Construction et du Commerce, avec des baisses possibles allant respectivement de -6% à -11% et de -4% à -11%. En revanche, les Services feraient de la résistance et pourraient stabiliser leur niveau d’embauches (avec une fourchette de prévisions comprise entre -8% et +1%). Cette relative bonne tenue explique en grande partie la baisse plus modérée du volume des embauches de cadres en 2010 par rapport à 2009. Elle traduit aussi une concentration plus forte du marché de l’emploi cadre, ce qui est synonyme de fragilité.
 
Les étudiants en première ligne
 
Dans cette période morose, les débutants1 seront en première ligne et devraient connaître une diminution drastique des opportunités sur le marché. Ainsi les recruteurs devraient baisser de -20% à -27% leurs embauches de jeunes diplômés au statut de cadre. Le niveau de recrutements de débutants serait équivalent à celui de 1993, mais le nombre de jeunes diplômés se retrouvant sur le marché du travail bien supérieur. En revanche, les recruteurs devraient favoriser largement les embauches de jeunes cadres2 et de cadres confirmés3. Plus de 8 recrutements sur 10 concerneraient des cadres ayant plus d’ 1 an d’expérience. Alors qu’à peine 17% concernerait les débutants.
 
En termes de fonction, la bonne surprise des prévisions livrées par les entreprises à l’Apec réside dans la bonne tenue des fonctions d’ « Etude, Recherche & Développement ». Les embauches pourraient y rester stables , et représenteraient près d’un recrutement sur cinq du total réalisé sur le marché. Les fonctions Informatique et Commercial tireraient aussi leur épingle du jeu avec des volumes qui pourraient se maintenir à haut niveau : 21 800 à 24 000 pour l’Informatique et 28 400 à 30 700 pour la fonction Commercial. Les autres fonctions seraient toutes affectées, mais avec une intensité variable. Ce serait notamment le cas des fonctions Finance, Administration et Services Techniques (cf. tableau en annexes).
 
Au niveau régional
 
Enfin, sur le plan géographique deux régions se distinguent particulièrement par leur optimisme dans le marasme ambiant : la Bretagne et le Languedoc Roussillon. En outre, les régions Midi-Pyrénées, Pays de Loire, Centre, Nord-Pas-de-Calais et PACAC envisagent l’avenir avec davantage de sérénité que leurs voisines.
 
Prévisions à 5 ans : zoom sur le modèle économétrique de l’Apec
 
Les travaux du Département Etudes & Recherche de l’Apec ont permis d’élaborer un modèle qui montre que l’investissement, mesuré par la formation brute de capital fixe (FBCF4), est au coeur de la dynamique de l’emploi en général et de l’emploi cadre en particulier. Le modèle intègre également le niveau du PIB ainsi qu’une dimension démographique en tenant compte des départs à la retraite de cadres en emploi. Afin d’élaborer le plus précisément possible des scénarios, l’Apec s’est intéressée aux prévisions établies par différents instituts de conjoncture nationaux ou internationaux (INSEE, OCDE, OFCE, FMI, COE REXECODE). Ces prévisions concernent le PIB et ses principales composantes (FBCF, dépenses de consommation, variations des stocks, exportations et importations).
 
Finalement, le scénario qui paraît le plus probable est celui selon lequel le retour à la hausse des
recrutements serait plus progressif qu’envisagé l’an passé5. Les hypothèses retenues restent
prudentes. Ainsi, 2010 serait un point bas. Puis le marché du recrutement cadre connaîtrait à nouveau des taux croissance significatifs à partir de 2011. Dès 2013 on dépasserait la barre des 200 000. En 2014, les recruteurs embaucheraient plus de 240 000 cadres, soit un niveau jamais atteint.
 
Bilan de l’année 2009
 
En 2009, 143 700 cadres ont été recrutés, soit une baisse de 28% par rapport à 2008. Cette chute brutale est à mettre en lien non seulement avec l’environnement économique sinistré, mais aussi avec un changement profond dans le comportement des cadres qui ont opté pour la rationalité et la prudence et préféré rester dans leur entreprise. Ainsi, le turn over en 2009 a perdu 1,5 point pour s’établir à 5,7%, signe de l’immobilisme général.
 
En 2009, la chute du nombre de nouveaux postes cadres créés6 est spectaculaire. Ainsi, 500 postes nouveaux ont vu le jour dans le courant de l’année, contre 45 800 en 2008, et près de 65 600 en 2007. Les promotions internes ont diminué de 9% pour s’établir à environ 50 000 et les sorties sont restées à haut niveau, diminuant légèrement (-8%). C’est, sans surprise, la baisse des recrutements qui explique cette baisse des créations.
L’Industrie et la Construction qui avaient bien résisté en 2008, ont cédé le pas en 2009 : ces deux secteurs ont vu chuter leurs recrutements de cadres respectivement de -34% et -32%. Dans les Services, la baisse est moindre (-26%). En effet, certains secteurs ont résisté mieux que d’autres : Activités informatiques, Santé action social, Formation initiale et continue et Assurance.
 
Toutes les fonctions cadres ont été touchées, avec en premier lieu la fonction Administration (-51%), Production Industrielle, Chantier (-46%) et Achat, Maintenance, Qualité, Logistique / Services techniques (-31%). C’est la fonction Exploitation Tertiaire (qui regroupe les métiers spécifiques à certains secteurs des services ) qui a le mieux résisté avec une baisse de l’ordre de 8%. Enfin, les embauches dans la fonction Informatique ont baissé de 16%, alors que les recruteurs envisageaient une hausse des embauches en début d’année, et la fonction Commercial a accusé une régression de 30%.
Enfin, au niveau régional, c’est un véritable coup de froid qui a affecté le marché hexagonal. L’Ile de France a affiché un « score » se situant dans la moyenne nationale avec une diminution de 28% des embauches de cadres.
PACAC et Rhône-Alpes, les deux autres régions les plus « recruteuses » du pays, ont connu des fortunes diverses. Rhône-Alpes , région pourtant industrielle mais avec un marché de l’emploi cadre par conséquent moins concentré dans les services , a vu ses embauches de cadres diminuer de 16%. La baisse en PACAC, certes légèrement en-dessous de la moyenne nationale, s’est établie à -25%. Au total, les régions les plus touchées ont été la Basse-Normandie (-43%), la Bourgogne (-41%) et Midi-Pyrénées (40%).
 
Note méthodologique :
Cette enquête a été réalisée auprès d’un échantillon permanent de 11 000 entreprises du secteur privé.
Cet échantillon est représentatif de la répartition par région, par taille et par secteur d’activité des entreprises du secteur privé.
Les résultats présentés sont issus du traitement et de l’analyse des réponses de ces 11 000 entreprises représentant 2 000 000 salariés dont 340 000 cadres.
Les entreprises ont été contactées du 2 novembre au 20 décembre 2009

 

 

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