Où en est-on vraiment de l’emploi des personnes handicapées ?

par La rédaction

 

Le lancement de la 20ème semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées le 14 novembre 2016 est l’occasion de s’interroger sur les parcours professionnels des PH. Taux d’emploi, formation, taux de chômage… on vous dit tout.
 

Malgré les efforts des entreprises pour embaucher des personnes handicapées, dans le secteur privé, le taux d’emploi plafonne toujours à 3,1%. Pour mémoire, la loi handicap impose la présence de 6% de travailleurs handicapés (de manière directe ou indirecte) dans les établissements de 20 salariés et plus. Donc, le compte est encore loin d’être bon. Fin juin 2016, Pôle emploi décomptait 480 000 demandeurs d’emploi handicapés inscrits.

« Les chômeurs handicapés sont en nombre croissant. Ils présentent toujours des difficultés d’insertion se traduisant notamment par une ancienneté moyenne d’inscription au chômage supérieure à 800 jours », détaillait Anne Baltazar, la présidente de l’Association pour la gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph), en octobre dernier.

A ce jour, le taux de chômage des PH est de l’ordre de 18%. Soit près du double de celui du reste de la population active. Et pire, il ne cesse d’augmenter : +2,3% en un an. Visiblement la progression du nombre de  placements (+6% en un an) de demandeurs d’emploi par le réseau Cap emploi ne suffit pas à enrayer la spirale ascendante du chômage des personnes handicapées.

En fait, ce n’est pas tant le nombre de retours à l’emploi qui est en cause (près de 80 000 en 2015 via les Cap emploi) que la qualité des emplois. Près d’un tiers des demandeurs d’emploi handicapés a signé un CDD de moins de 3 mois. 23% ont décroché un CDI et 18% un CDD selon les chiffres publiés par l’Agefiph. Donc, des jobs pas toujours très durables.

 

Des raisons de rester optimistes
Face à une pénurie de candidats, certaines entreprises, assujetties ou pas d’ailleurs, à l’obligation d’emploi des travailleurs handicapées, se retroussent vraiment les manches en leur permettant de se former. Notamment par le biais de l’alternance. En contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, les personnes handicapées augmentent leur qualification et donc leur employabilité. 77% des PH en contrat de pro décrochent ainsi un diplôme ou une certification à l’issue de leur alternance. Plus de la moitié enchaine avec un boulot. Toutefois, dommage que seulement un quart d’entre elles accède directement à un CDI.

Autre signe encourageant : les chiffres du maintien dans l’emploi (10714 contre 10061 un an plus tôt, soit une hausse de 6%) et ceux de la création d’entreprise par des personnes handicapées. Au premier semestre de cette année, l’Agefiph a ainsi versé 1950 aides à la création d’entreprise. Soit +6% par rapport à la même période l’an passé. En 2015, ce chiffre s’élevait à 3380. A défaut d’être recrutées, les personnes handicapées sont de plus en plus nombreuses à créer leur propre job, souvent sous le statut d’auto entrepreneur. Derrière le mirage de la création d’entreprise, se cachent évidemment des situations parfois plus subies que volontaires. Mais ces initiatives permettent au moins aux porteurs de projets de remettre le pied à l’étrier. En tout cas, la loi Macron qui permet aux entreprises de prendre en compte les travailleurs handicapés indépendants dans leur obligation d’emploi de TH (6% minimum dans les établissements de 20 salariés et plus) ne devrait pas manquer d’encourager ce phénomène.

En espérant que cette « précarité » propre au travailleur indépendant (handicapé ou pas) ne plombe pas encore davantage la situation des personnes handicapées.

Sylvie Laidet
 

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