E-mentor, j’adore

par La rédaction

 

Pour des questions de coûts, les programmes de mentoring sont encore très souvent réservés à quelques happy few. En général, les hauts potentiels. C’est justement pour démocratiser cette pratique de transfert de savoirs et de décryptage de codes que le e-mentoring se développe en France. Explications.

 

Le e-mentoring, le principe ?

Si on osait, on comparerait ce type de programme à ce que proposent des sites de rencontres par affinités… mais appliqué aux RH. En effet, les plateformes de e-mentoring permettent la mise en relation ciblée de salariés seniors avec des juniors de l’entreprise ou issus d’une autre société, afin de les aider à comprendre une problématique, à décrypter une organisation, à s’intégrer… « Notre plateforme on line n’exclut pas le mentoring off line car le lien humain est plus que jamais nécessaire », insiste Victoria Pell, fondatrice d’Unatti.

 

Le e-mentoring, comment ça marche ?

« On travaille d’abord avec la DRH, la direction de la RSE, de la diversité, voire la direction digitale de l’entreprise pour définir le public visé par ce programme de e-mentoring et déterminer les sujets à aborder », explique-t-elle. Si le programme vise les jeunes recrues, les thématiques porteront par exemple sur le onboarding : quelles sont les personnes clés de l’entreprise ? Bien comprendre la stratégie de l’entreprise. « Si on cible les middle managers, on peut proposer des sujets comme « comment bien travailler avec une entreprise à l’international ? Ou encore anticiper et gérer des conversations difficiles », illustre Victoria Pell. Une fois cette double indentification réalisée, un email est adressé aux personnes sélectionnées. Elles suivent ensuite en face à face ou par webinars une formation visant à comprendre les enjeux du mentoring et le rôle du mentor et du mentoré. « Puis, en fonction des informations renseignées dans les profils, un algorithme se charge de faire une mise en relation intelligente entre les membres. Objectif : constituer les binômes les plus efficaces », détaille la dirigeante d’Unatti. Viennent ensuite le temps des échanges on line mais aussi et surtout off line (au moins une fois par mois) entre le mentor et son mentoré, le tout encadré par Unatti. A chaque fois qu’un sujet est traité et acquis par le mentoré, il le note en ligne. Une première évaluation est prévue à mi-parcours afin de ne pas découvrir à la fin (donc trop tard) que le feeling entre les deux parties ne passait pas. E-mentoring ou pas, la qualité des relations interpersonnelles est fondamentale pour la réussite du programme. 

 

Le e-mentoring, combien ça coute ?

Evidemment tout dépend de la durée du programme et du nombre de personnes concernées. Unatti qui entend ouvrir cette pratique au plus grand nombre – « inclure 1000 à 2000 salariés dans un programme ne me paraît pas inaccessible » – se positionne par exemple en deçà des tarifs pratiqués dans le mentoring off line. « Sur ce marché, j’ai constaté des prix allant de 600 à 3600 euros par personne accompagnée. Nous nous situons même en dessous de ce prix d’entrée et fonctionnons via un système d’abonnement », affirme Victoria Pell.

 

Le e-reverse mentoring, kezako ?

Au cours de l’accompagnement, les binômes qui en ont émis le souhait peuvent inverser la relation. Le junior devient alors le mentor du senior. « Les seniors ont pour leur part souvent beaucoup à apprendre sur la maîtrise des nouvelles technologies. Un mentor junior peut par exemple les éclairer sur les meilleures façons d’être présent et actif sur les réseaux sociaux, sur les meilleures applis pour gagner en efficacité », illustre-elle. Un programme gagnant-gagnant !

 

Sylvie Laidet

 

Unatti à portée d’Octave

La cinquantaine de binômes salariés des entreprises partenaires du programme OCTAVE vont bénéficier d’un parcours de e-mentoring inter-entreprises pendant 8 mois. OCTAVE est un projet réunissant des entreprises et organisations souhaitant développer des actions inter générationnelles. Il est né d’une idée originale de Danone, soutenue par Airbus Group, L’Oréal, GDF SUEZ, Orange et Société Générale. Son objectif est d’apporter des réponses aux évolutions technologiques et digitales, aux transformations des métiers, de l’organisation du travail, du lien social en entreprise. Ce projet a été baptisé « Octave » en référence à l’univers musical de l’intervalle des huit notes. Ainsi, comme sur un piano où l’on ne jouerait que sur les deux octaves centrales – la génération au pouvoir des 30 à 50 ans – les entreprises négligent trop souvent les octaves graves et aigües se situant avant et après. « Avec Unatti, plateforme dédiée aux générations connectées, nous continuons à travailler sur les deux leviers : le développement individuel et l’évolution des organisations. Nous poursuivons notre projet qui consiste à construire de plus en plus de collaborateurs forts et inspirants, dans nos entreprises partenaires », indique Anne Thevenet, directrice prospective et nouveaux concepts Danone et directrice éditoriale et artistique du programme Octave.

 

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