Nouvel âge pour une mise à la retraite d’office

par La rédaction

L’article 90 de la loi de Financement de la sécurité sociale pour 2009 supprime, à compter du 1er janvier 2010, la mise à la retraite d’office par l’employeur, en reportant de 65 à 70 ans, l’âge auquel l’employeur peut d’office rompre le contrat de travail d’un salarié senior en invoquant l’ouverture des droits à la retraite d’office. La décision du passage de l’activité à la retraite relèvera d’ici quelques jours du seul choix du salarié, quel que soit son âge et quel que soit le nombre de trimestres auxquels il aura cotisé.

Ainsi, si le salarié souhaite bénéficier du dispositif de surcote de sa pension de retraite, l’employeur ne pourra plus s’y opposer. S’il souhaite se séparer de son salarié, il devra procéder à un licenciement et verser les indemnités afférentes à ce mode de rupture.

Le projet de loi de Financement de la sécurité sociale pour 2010 n’a pas remis en cause ce dispositif, qui entrera donc en vigueur au 1er janvier 2010, comme prévu.
A compter du 1er janvier 2010, l’employeur ne pourra plus mettre à la retraite d’office, donc sans leur accord, les salariés âgés d’au moins 65 ans, ni même les salariés âgés de 60 à 65 ans qui peuvent bénéficier d’une pension de vieillesse à taux plein et si cette mise à la retraite d’office s’effectue dans l’un des cas suivants :

–  jusqu’au 31 décembre 2009, dans le cadre d’un accord collectif étendu conclu avant le 1er janvier 2008 et fixant des contreparties en termes d’emploi ou de formation professionnelle ;
– en application d’un accord professionnel mentionné à l’article L5122-4 en cas de cessation d’activité ;
–  dans le cadre d’une convention de préretraite progressive conclue antérieurement au 1er janvier 2005 ;
–  dans le cadre du bénéfice de tout autre avantage de préretraite défini antérieurement à la date de publication de la loi de 2003 portant réforme des retraites.

A titre dérogatoire, les dispositions relatives à la mise à la retraite d’office demeurent applicables dans deux cas :
– pour les salariés âgés de 60 à 65 ans qui peuvent bénéficier d’une pension de vieillesse à taux plein, et sous réserve qu’ils soient bénéficiaires d’une préretraite ayant pris effet avant le 1er janvier 2010 et mise en oeuvre dans le cadre d’un accord professionnel mentionné à l’article L5123-6 du code du travail.
– pour les salariés âgés de 60 à 65 ans qui peuvent bénéficier d’une pension à taux plein, sous réserve que la mise à la retraite s’effectue dans le cadre du bénéfice de tout autre avantage de préretraite défini antérieurement à la date de publication de la loi de 2003 portant réforme des retraites et ayant pris effet avant le 1er janvier 2010.

Désormais, les salariés âgés de 65 ans pourront, s’ils le souhaitent, prolonger leur activité d’une, deux… jusqu’à 5 années, sous réserve d’en avoir préalablement manifesté l’intention auprès de leur employeur.

Rappelons que 3 mois avant la date à laquelle le salarié atteint l’âge de 65 ans, l’employeur devra interroger par écrit le salarié sur son intention de quitter volontairement l’entreprise pour bénéficier d’une pension de retraite.
En cas de réponse négative du salarié dans le délai d’un mois à compter de la date à laquelle l’employeur a interrogé le salarié, ou si l’employeur n’a pas respecté la procédure ou les délais, l’employeur ne pourra pas le mettre à la retraite d’office pendant l’année qui suit la date à laquelle le salarié aura atteint l’âge de 65 ans.
Chaque année, il devra à nouveau interroger le salarié sur ses intentions, 3 mois avant la date de son anniversaire.

La mise à la retraite d’office d’un salarié âgé de 65 ans demeurera donc possible, si celui-ci n’exprime pas la volonté de poursuivre son activité au-delà de cet âge. Seul un licenciement sera envisageable si l’employeur souhaite se séparer de son salarié.

 

Nadia Rakib

 

Tribune Libre

Articles RH relatifs

Laisser un commentaire