Egalité professionnelle entre les femmes et les hommes, des chiffres 2011

par La rédaction

Nadine REGNIER ROUET, Avocat au Barreau de Paris, spécialisé en droit social, nous apporte son expertise et son regard sur l’actualité du droit social.

Avis à celles et ceux qui pensent et disent que l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes existe déjà, ou qu’elle existe presque, que « c’est un faux problème »…

En particulier, avis à toutes les jeunes lycéennes et étudiantes qui voient de (très) loin le « Marché du Travail » : ces chiffres décrivent ce qui vous attend demain ; ils sont pour VOUS !

 
En introduction, un rappel de date : vendredi 15 avril 2011, une initiative de l’association BPW « Business Professional Women » s’est répétée pour la 3e année consécutive : « Equal pay day* » que je traduis par « le Jour du salaire égal ».
 
De quoi s’agit-il ? Le mieux est de reproduire le communiqué de presse de BPW :
 
« 15 avril : journée de l’égalité salariale, les soldes continuent… »
En cinq ans, rien n’a changé en matière d’égalité salariale. La loi du 23 mars 2006 prévoyait de supprimer avant le 31 décembre 2010 les écarts de salaires hommes/femmes. En France en 2011, le salaire d’une femme reste encore en moyenne inférieur de 27 % à celui d’un homme.
 
Excédée par ce chiffre, l’ONG « Business & Professional Women » (BPW) a calculé que pour prétendre au même salaire qu’un homme au 31 décembre 2010, une femme doit travailler 79 jours de plus (moyenne européenne), c’est-à-dire jusqu’au 15 avril, déclaré symboliquement « Equal Pay Day – Journée de l’Egalité Salariale ».
 
De nombreux journaux se sont fait l’écho de cette journée, notamment Challenges, qui rappelle le résultat édifiant d’une étude publiée en mars par le groupe de conseil et de services informatiques Steria :
 
« 55 % des femmes actives en France ont le sentiment que la condition féminine n’évolue pas dans le monde professionnel contre 30 % seulement qui considèrent que l’évolution va dans le bon sens ».
 
* Equal Pay Day est une marque déposée à l’INPI par BPW France.
 

Et voici les chiffres les plus récents sur la question : 

Selon le 6ème baromètre annuel Capitalcom 2011 sur la mixité
 
La mixité est en baisse dans les effectifs globaux du CAC 40 : 31,8% en 2010 contre 32,2% en 2009 et 34,3% en 2006.
La part des femmes dans l’encadrement est en stagnation totale, avec un taux de 29,5% en 2010 (contre 29,4% en 2009).
Les femmes restent très marginalisées dans les Comités Exécutifs avec un taux toujours inférieur à 8% depuis au moins 5 ans.
Les Conseils d’Administration se sont très légèrement féminisés en 2010… avec un taux de femmes administrateurs passant de 10,5% en 2009 à 15,3% en 2010.

Du côté de la HALDE : rapport d’activité sur 2010

Au cours de l’année dernière, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), a constaté une nette augmentation des saisines émanant de femmes s’estimant victimes de discrimination à raison de leur sexe.
Les réclamations individuelles portant sur les discriminations pour la grossesse et la maternité : 615 réclamations en 2010 contre 259 en 2009 et 126 en 2008.
 
En matière d’emploi, la Halde table sur deux mesures législatives récentes :
 
Le décret d’application relatif au rapport de situation comparée – tel que prévu à l’article 99 de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites.
 
La pénalité (fixée au maximum à 1% de la masse salariale) prévue pour les entreprises d’au moins 50 salariés qui ne seront pas couvertes par un accord relatif à l’égalité professionnelle ou qui n’auront pas mis en place un plan d’actions. (Entrée en vigueur au 1er janvier 2012).
 
 
Selon une étude de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) publiée par Le Point le 7 mars 2011 : 
 
« Si la part des femmes parmi les cadres a progressé de 23 % il y a vingt ans à 34 % aujourd’hui, 11 % d’entre elles seulement occupent un poste à "forte responsabilité" contre 23 % de leurs homologues masculins.
 
Quant à la rémunération annuelle brute médiane des femmes, elle s’élève à 43 000 euros, soit 7 000 euros de moins que les hommes avec des différences qui s’accroissent avec l’âge, surtout après 40 ans
 
Les causes tiennent en partie aux formations initiales avec une proportion deux fois plus élevée de cadres masculins que de féminins diplômés d’écoles d’ingénieurs ou en informatique.
 
Mais des facteurs plus personnels, liés à la maternité jouent aussi énormément contre leur promotion.
 
Les femmes sans enfant sont surreprésentées chez les cadres :
23 % des 45 ans ou plus, alors que, dans la population française, seule une femme sur dix n’a pas d’enfant. »
 
 
Le sondage Monster réalisé à l’échelle mondiale et rendu public en mars 2011 indique :
 
Près de 75 % des femmes ayant répondu à l’enquête ont l’impression de ne pas avoir accès aux mêmes opportunités professionnelles que les hommes sur leur lieu de travail.
 
Comme femmes et hommes ont été interrogés, il est piquant de constater que 72 % des femmes considèrent ne pas avoir les mêmes opportunités, tandis qu’à l’inverse, le même pourcentage d’hommes (73 %) juge que les femmes partagent les mêmes opportunités.
 
 
Et le « meilleur » pour la fin : l’Etude mondiale réalisée par le Cabinet Régus sur les intentions d’embauche des entreprises en 2011
 
Ce Cabinet, spécialisé dans l’aménagement des espaces de travail, a interrogé 10 000 entreprises dans 78 pays à travers le monde et a demandé à celles qui affirmaient vouloir procéder à des embauches : « en 2011, souhaitez-vous embaucher des femmes qui ont des enfants ? » Seules un gros tiers (36 %) de celles-ci ont répondu « oui » !
 
Réponses de celles qui ne comptent pas embaucher des femmes ayant des enfants :
 
 Parce qu’elles s’investissent moins au travail (Monde : 37 %, France : 41 %)
Parce que si elles ont déjà des enfants, elles voudront en avoir d’autres, donc prendront des congés maternité (29 %)
 Parce qu’elles manquent de flexibilité (France : 41 %)
Parce que leurs compétences sont dépassées (24 %)
 
Les réponses de celles qui souhaitent embaucher des femmes sont tout aussi intéressantes :
 
« Les entreprises qui ignorent les mères revenant à temps partiel passent à côté d’une composante importante et précieuse de leur personnel. » (72 % des réponses)
  Les femmes demandent des salaires moins élevés que les hommes, à expérience et compétences égales (57 %)
 
 
Le résultat de cette étude a été commenté dans le magazine L’Expansion (février 2011)
 
 
Nadine REGNIER ROUET
Avocat à la Cour spécialisé en droit social
 
 
 
 
 
 A propos de Nadine REGNIER ROUET
 
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