Tout savoir sur l’abandon de poste : principe, conséquences, différences avec la démission… 

par La rédaction

L’abandon de poste fait partie des passages obligés de la vie des entreprises. Tous les employeurs sont confrontés un jour ou l’autre à un salarié qui s’absente de son poste sans motif légitime. 

Si cette absence perdure, elle désorganise rapidement l’activité de l’entreprise et la rupture du contrat de travail devient rapidement inévitable. 

Alors comment réagir en tant qu’employeur ? Principe et définition de l’abandon de poste, effets sur la rémunération des salariés, différence avec la démission…les informations essentielles pour vous aider à y voir plus clair. 

 

Comment faire un abandon de poste ? 

 

De quoi s’agit-il ? 

 L’abandon de poste fait référence au comportement d’un salarié qui quitte son poste de travail au cours de la journée sans autorisation de l’employeur ou qui s’absente de manière prolongée ou répétée sans justification légitime. 

 

Quels sont les motifs légitimes d’absence ? 

Certaines absences sont toutefois légitimes et ne sont pas considérées comme un abandon de poste : 

  • Droit de retrait des salariés (c.trav.art. L4131-1)
  •  Décès d’un proche ou absence pour se rendre au chevet d’un proche mourant 
  • Consultation d’un médecin nécessaire au regard de l’état de santé du salarié 

L’employeur doit être particulièrement vigilant pour reconnaître ces motifs légitimes. Tout licenciement qui en découlerait serait en effet considéré comme abusif par les tribunaux. 

D’autres circonstances peuvent également atténuer les conséquences de l’abandon de poste. Par exemple, une absence injustifiée de quelques jours pour un salarié irréprochable depuis des dizaines d’années peut justifier une sanction mais pas forcément un licenciement pour faute grave. 

 

Abandon de poste : combien de temps sans salaire ? 

 

Une absence de rémunération…

Le salarié en abandon de poste ne respecte pas ses obligations contractuelles. Il ne perçoit donc plus sa rémunération, contrepartie à un travail ici non réalisé. Son contrat de travail est suspendu. En outre, il ne peut bénéficier d’aucune allocation chômage tant qu’il reste lié à son entreprise par un contrat de travail. Il doit donc attendre, sans aucune source de revenus, qu’un éventuel licenciement soit initié par l’employeur. 

 À cela s’ajoute l’impossibilité pour le salarié d’être embauché chez un nouvel employeur tant qu’il reste contractuellement lié au premier. 

 

…jusqu’à la procédure de licenciement initiée par l’employeur 

Dans la plupart des cas, l’abandon de poste entraîne le licenciement du salarié pour faute grave. L’employeur doit déclencher la procédure au plus tard 2 mois après la constatation de l’abandon de poste (art.L1332-4). Au préalable, il doit recueillir des éléments de preuves qui viendront à l’appui de sa procédure : demande de justification de l’absence auprès du salarié, mise en demeure de réintégrer son poste…

Le salarié ne percevra donc aucune rémunération pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. 

Le licenciement pour faute grave prive le salarié de son indemnité de licenciement et de préavis. Il ne percevra que ses indemnités de congés payés. 

Toutefois, rien n’oblige l’employeur à employer une telle procédure. Selon les circonstances, il peut également recourir à une autre sanction disciplinaire ou un licenciement pour cause réelle et sérieuse (ouvrant droit aux indemnités de licenciement). 

 

 Abandon de poste ou démission ? 

Même s’ils aboutissent à la rupture du contrat de travail ces 2 dispositifs ont un formalisme et des effets très différents. 

La démission répond à des critères précis contrairement à l’abandon de poste qui n’est pas défini par le code du travail. 

Notamment, le salarié doit exprimer sa volonté de démissionner de manière claire et non équivoque. Ce qui n’est pas le cas s’il se contente de ne pas se rendre à son travail. 

L’employeur doit donc être très vigilant sur ce point : il ne peut pas considérer l’abandon de poste du salarié comme étant une démission. 

En outre, un salarié démissionnaire doit respecter un délai de préavis et ne perçoit pas d’allocations chômage (sauf démission pour motif légitime, par exemple pour suivre un conjoint muté). 

 

Pour autant, l’abandon de poste peut se révéler risqué pour le salarié.

L’employeur n’a en effet aucune obligation de le licencier et si la procédure est lancée elle peut durer plusieurs mois.

En outre, le fait de se faire licencier pour faute grave constitue une mauvaise publicité pour retrouver un emploi. Une entreprise en cours de recrutement peut en effet facilement se renseigner sur le passé d’un candidat par la prise de références. 

Malgré ces inconvénients, l’abandon de poste est souvent utilisé par les salariés souhaitant quitter leur emploi tout en percevant les allocations chômage (ce que permet le licenciement pour faute grave). Cette tendance est toutefois en net recul depuis la mise en place de la rupture conventionnelle en 2008. 

 

 

 Céline Le Friant 

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